La présidente de la Commission européenne s'attaque à la dépendance énergétique sur fond de crise énergétique

La présidente de la Commission européenne s'attaque à la dépendance énergétique sur fond de crise énergétique

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mercredi la création d'une nouvelle banque européenne de l'hydrogène et la constitution de "réserves stratégiques" de terres rares lors de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen (PE) à Strasbourg, dans le nord-est de France. Dans un contexte tendu marqué par la crise énergétique et une inflation galopante sur fond de conflit russo-ukrainien, elle a insisté sur l'urgence de la lutte contre la dépendance énergétique et la nécessité d'une stratégie industrielle forte.

L'Union européenne (UE) va investir dans une nouvelle banque européenne de l'hydrogène pour "garantir l'approvisionnement", a déclaré Mme von der Leyen, devant les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg. Il faut "se débarrasser de la dépendance énergétique", a-t-elle insisté dans son discours de politique générale, particulièrement attendu cette année.

Cette nouvelle banque publique dédiée au développement de l'hydrogène devra être capable d'investir trois milliards d'euros "pour construire le futur marché" de cette énergie, a-t-elle indiqué. "Nous devons passer du marché de niche au marché de masse. Nous voulons produire dix millions de tonnes d'hydrogène renouvelable dans l'UE chaque année d'ici à 2030", a-t-elle affirmé.

La présidente de la Commission européenne a d'autre part annoncé que l'UE allait constituer des "réserves stratégiques" de terres rares dans le but de réduire sa dépendance. Cela passera, selon elle, par une loi européenne sur les matières premières critiques.

Le lithium (composant essentiel des batteries électriques) et les terres rares (métaux stratégiques pour la fabrication de puces, d'écrans LCD, d'équipements militaires ou d'éoliennes) "seront bientôt plus importants encore que le pétrole et le gaz", a-t-elle dit. "D'ici à 2030, notre demande de ces terres rares sera multipliée par cinq", a-t-elle précisé.

L'UE investira dans des "processus stratégiques tout au long de la chaîne d'approvisionnement", a précisé Ursula von der Leyen. "De nombreuses mesures doivent être prises à cet égard, mais la politique commerciale est en cause ici. Nous avons besoin de plus de partenariats, ces matières premières ne se trouvent pas à un seul endroit sur la terre", a-t-elle poursuivi, évoquant de potentiels accords avec le Chili, le Mexique et la Nouvelle-Zélande, ainsi qu'avec l'Australie et l'Inde.

L'UE va engager "une réforme complète et en profondeur" de son marché de l'électricité, a par ailleurs confirmé Mme von der Leyen. Il s'agit d'un sujet qui divise les 27 pays de l'UE.

"Au-delà de la crise immédiate, nous devons penser à l'avenir. La conception actuelle du marché de l'électricité ne rend plus justice aux consommateurs. Ils devraient récolter les fruits des énergies renouvelables à bas coût. Il faut donc découpler les prix de l'électricité de l'influence dominante du gaz", a-t-elle souligné.

La présidente de la Commission européenne s'est prononcée en faveur du plafonnement des revenus des producteurs d'électricité à base d'énergies renouvelables et de nucléaire. Cela permettrait de lever "plus de 140 milliards d'euros" pour les pays de l'UE, et aider les ménages et les entreprises européennes particulièrement affectés par la crise énergétique.

Dans son discours, Ursula von der Leyen a également évoqué le changement climatique. "L'été 2022 restera dans la mémoire des gens", a-t-elle dit, appelant à "faire de la nature notre premier allié". Lors de la conférence des Nations unies sur la biodiversité, l'UE fera pression pour obtenir un accord mondial sur l'environnement, a-t-elle indiqué.