L’Europe, de plus en plus frappée par l’inflation, cherche des solutions

L’Europe, de plus en plus frappée par l’inflation, cherche des solutions

Jeudi 4 août, la Banque d'Angleterre a annoncé qu'elle allait relever ses taux directeurs de 50 points de base, une mesure drastique pour contrer l'inflation. Elle a aussi prévenu que le Royaume-Uni entrerait en récession jusqu'à fin 2023. Face à la flambée des prix, les États européens cherchent des mesures pour lutter contre l'inflation et soutenir le pouvoir d'achat des ménages.

Aux Pays-Bas aussi, l’inflation est particulièrement importante. Selon les derniers chiffres de l’Institut néerlandais des statistiques, publiés jeudi 4 août, l’inflation a atteint la barre des 10%, une première dans le pays depuis 1975.

Tout en haut de la liste des produits et services où l’inflation frappe le plus fort ici aux Pays-Bas, on trouve bien sûr d’abord l’énergie, relate notre correspondant à La Haye, Antoine Mouteau. Selon le CBS, l’Institut néerlandais des statistiques, en juillet dernier, les prix de l’électricité et du gaz notamment ont augmenté de 108% par rapport à un an auparavant, en juillet 2021. Et cela malgré la décision du gouvernement de faire passer provisoirement la TVA sur l’énergie de 21 à 9%, une mesure entrée en vigueur le mois dernier.

Les loyers, eux aussi, sont touchés. Ils ont en moyenne subi une augmentation de 3% contre moins d’1% il y a un an. Et cela, notamment, dans le contexte de la très grave crise du logement qui secoue les Pays-Bas depuis maintenant plusieurs années. Les prix des produits alimentaires quant à eux connaissent une augmentation de plus de 12%.

Et le gouvernement néerlandais ne s’en cache même pas, la situation devrait s’empirer. « Nous devons comprendre que nous allons collectivement devenir un peu plus pauvres », a déclaré début juillet la ministre des Finances Sigrid Kaag.

Dix-sept milliards pour faire face à la crise en Italie

Le président du Conseil démissionnaire, Mario Draghi, en charge des affaires courantes jusqu'aux élections du 25 septembre, a signé son dernier décret économique de large envergure : 17 milliards d’euros sont destinés à alléger les effets de la crise énergétique et de l'inflation sans alourdir la dette publique italienne, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Au total, pas moins de 52 milliards d'euros ont été débloqués, depuis janvier 2022, pour soutenir les Italiens durement impactés par l'inflation qui est à son plus haut niveau depuis 1986, et par les coûts exorbitants de l'énergie. Et notamment ceux de l'électricité, car l'Italie a abandonné le nucléaire en 1987 et doit utiliser du gaz pour la produire. Durant sa conférence de presse, Mario Draghi a cité plusieurs mesures.

Par exemple, le prolongement de la réduction de 30 centimes d'euro par litre d'essence jusqu'à la fin septembre. Une allocation unique de 200 euros pour permettre aux familles modestes de compenser, en partie, leur perte de pouvoir d'achat. Ou encore une augmentation des crédits d'impôt pour les entreprises agricoles, littéralement minées par la sécheresse. 

Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote du Sénat après celui de l'Assemblée nationale, le second volet du paquet pouvoir d'achat. Après un premier volet validé mercredi comprenant 20 milliards d'euros de dépenses, le budget rectifié pour 2022 (PLFR) ouvre 44 milliards d'euros de crédits, dont 9,7 pour financer la renationalisation à 100% d'EDF. Il prévoit notamment la poursuite du bouclier tarifaire sur l'énergie et de la remise carburant, et la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires.

« Ces premières semaines étaient décisives. L'adoption de trois textes importants est aussi une bonne nouvelle pour notre démocratie. Nous avons construit des solutions avec les parlementaires de la majorité et des membres de l'opposition de l'arc républicain. Nous avons prouvé que le compromis, demandé par les Français, était possible et accessible », s'est félicitée Élisabeth Borne. « La valeur travail est reconnue et soutenue », a pour sa part estimé le rapporteur général LR Jean-François Husson, soulignant également l'engagement du Sénat pour « garantir aux collectivités territoriales les moyens de leurs actions ». Ce PLFR, a-t-il ajouté, « doit nous faire prendre conscience définitivement de la rigueur et de la sobriété budgétaires dont le Parlement et l'exécutif doivent faire preuve ».

Jean-Claude Requier, président du groupe RDSE, a relevé « une dégradation du solde public de plus de 15 milliards d'euros ». La centriste Sylvie Vermeillet a elle regretté que le Parlement n'ait pas introduit une taxation des « superprofits », estimant que « demander un effort de solidarité (...) aux entreprises qui ont engendré des bénéfices exceptionnels, alors même que l'État a subventionné massivement l'économie dans le cadre de l'épidémie de Covid, est juste ». La gauche a dénoncé « la convergence » entre la droite et la majorité présidentielle, qui « sapera les uns après les autres les intérêts des classes populaires », selon la présidente du groupe CRCE Eliane Assassi. L'écologiste Daniel Breuiller a fustigé « l'accord entre deux visions libérales ». Les socialistes ont voté contre de « graves reculs sociaux », selon les mots de leur chef de file sur ce texte, Rémi Féraud.