Mehdi Bendimerad, «Associer la diplomatie économique à la stratégie globale de développement national»

Mehdi Bendimerad, «Associer la diplomatie économique à la stratégie globale de développement national»

Mehdi Bendimerad, président des relations internationales du Forum des chefs d’entreprises (FCE) revient dans cet entretien sur l’envol de la diplomatie économique, l’importance du marché africain et le rôle du FCE dans l’accompagnement des entreprises algériennes. Lecture…

L'Algérie déploie, ces derniers temps, une véritable offensive économique et commerciale,  progressivement renforcée par sa diplomatie économique envers les pays de l'Afrique subsaharienne. Comment expliquez-vous «l'envol» de cette diplomatie économique?
M. Bendimerad : «Si l'objectif de la diplomatie traditionnelle est la paix, le but de la diplomatie économique est la prospérité par le moyen de partenariats équilibrés. C'est ce que nous recherchons pour nos entreprises, en travaillant à créer les relais de croissance nécessaires à leur développement à l’international. L'Algérie a un réseau étoffé d’ambassadeurs, de consuls et d’attachés économiques. La diplomatie économique devrait être un principe directeur de leur travail pour la promotion de notre économie. La mise en place de la diplomatie économique, telle que le FCE le conçoit, repose sur deux piliers fondamentaux. Il s’agit, d’une part, de la promotion du marché algérien qui a besoin d’IDE (investissements directs étrangers) et, d’autre part, de l’accompagnement des entreprises algériennes qui sont en quête de nouveaux marchés. Pour cela, nous préconisons la prise en charge des obstacles à l’exportation et un soutien aux investisseurs algériens à l'étranger qui cherchent de nouvelles opportunités dans l'économie mondiale. En résumé,  le FCE considère que la diplomatie économique doit être associée à la stratégie globale de développement de l’Algérie. Outre les représentations diplomatiques et consulaires, une organisation comme la nôtre peut également servir d’interface entre les opérateurs algériens et leurs homologues étrangers. »  

Pour nombre d'experts, il s'agit, aussi, d'une suite logique des acquis réalisés par la diplomatie politique algérienne.
«Parfaitement. L'Algérie a aidé de nombreux pays africains à recouvrer leur indépendance et a permis à d'autres de retrouver la paix ; au plan économique aussi, l’Algérie a apporté son soutien à beaucoup de pays africains. Il est naturel, au delà de l'aspect politique et historique, que nos relations s’intensifient au plan économique.»  

Ne pensez-vous pas que la diversification de l'économie à laquelle le gouvernement accorde un intérêt particulier passe, d'abord, par la «conquête» du marché africain ?
«La diversification de notre économie passe d'abord par une croissance interne. Celle-ci va permettre à nos entreprises de proposer des produits et services plus compétitifs et de meilleure qualité qui seront aptes à être exportés. Certaines entreprises ont déjà atteint des niveaux qualitatif et quantitatif qui leur permettent d’aller à la conquête de nouveaux marchés. Le marché africain est, justement, le plus proche et son taux moyen de croissance, de l'ordre de 6%, offre des perspectives intéressantes.
Néanmoins, ce développement passe par un accompagnement des banques à l'international qui doivent être présentes, par une législation moins contraignante et par des lignes aériennes qui permettent les échanges. Il y a beaucoup de travail d'appui à faire dans ce sens.

Le FCE, par le biais de son président, a souligné la nécessité de nouer «une relation fructueuse, une connexion intelligente, (...) de soutenir les efforts de nos entreprises vers l’exportation et tirer ainsi des avantages des opportunités qui existent, notamment en Afrique (...).
«C'est toute la dynamique que nous mettons en œuvre pour promouvoir l'entreprise algérienne en Afrique et ailleurs. Dans ce cadre, le FCE organise une importante rencontre avant la fin de l’année.»
Propos recueillis par Fouad I.