L'OCDE préconise de réformer les politiques d'échanges de services pour relancer l'économie mondiale

L'OCDE préconise de réformer les politiques d'échanges de services pour relancer l'économie mondiale

L'OCDE préconise de réformer les politiques d'échanges de services pour relancer l'économie mondiale dans un rapport intitulé "Politiques commerciales des services et économie mondiale" et publié ce jeudi.

Selon l'OCDE, l'amélioration des politiques commerciales en matière de services peut stimuler "la croissance inclusive de l'économie en favorisant l'accès à l'information, aux compétences, à la technologie, aux financements et aux marchés, qui sont la clé du succès d'une économie mondiale où le numérique occupe une place grandissante".

Le rapport met en avant les bénéfices pour les consommateurs du monde entier d'une telle réforme. La compétitivité de l'industrie manufacturière repose sur l'accès à des fournisseurs de services de pointe au meilleur prix, et les environnements réglementaires plus favorables et transparents sont plus attractifs pour l'investissement direct étranger (IDE), souligne le rapport.

Or, bien que les services génèrent plus des deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial, emploient la plus grande partie des travailleurs et créent la plupart des nouveaux emplois dans le monde, ils restent soumis à des restrictions des échanges dans des secteurs comme les télécommunications, les services financiers, les transports, la logistique et les services professionnels, explique l'OCDE, précisant que "les coûts des obstacles" aux échanges et à l'investissement dans les secteurs de services demeurent "élevés", dépassant largement les droits de douane moyens sur les produits échangés.

Ces restrictions sont à la charge des consommateurs et des entreprises comme par exemple dans les transports, la logistique et la construction, où la majoration de prix qui en résulte est estimée à 20% en moyenne, mais atteint près de 80% dans certains pays, imposant ainsi "des coûts supplémentaires considérables" aux entreprises manufacturières et en définitive aux consommateurs, note le rapport.

Les coûts d'entrée sur les marchés de services de certains pays, dont les formalités administratives à remplir ou encore les mises en conformité avec les normes locales, pèsent en premier lieu sur les PME tandis qu'une "réduction" des coûts d'entrée sur le marché contribuerait à améliorer "l'inclusivité des échanges de services en permettant à davantage de PME de saisir les opportunités qui se présentent à l'échelle mondiale", estime l'OCDE.

"L'accès aux chaînes de valeur mondiales passe par des marchés de services ouverts et bien réglementés", a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria.

"La réforme des politiques et des échanges de services peut doper les PME, réduire les coûts des échanges, renforcer l'économie numérique et contribuer à ce que la mondialisation profite à tous", a-t-il ajouté.

L'OCDE recommande de réduire les restrictions touchant l'entrée sur le marché et la circulation des professionnels, "qui créent une discrimination à l'encontre des prestataires de services étrangers". Elle encourage également les pays à adopter "des réformes stratégiques dans tout le spectre des politiques d'échanges, d'investissement et de concurrence afin de faciliter les échanges de services" et à cibler "les obstacles présents dans les secteurs des transports et de la logistique" pour réduire les coûts des échanges.

L'OCDE enregistre, mesure et analyse les politiques d'échanges de services dans 22 secteurs et 44 pays qui représentent plus de 80% des échanges mondiaux de services.