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MINISTRE DU PÉTROLE
Mieux
vaut prévenir que guérir

Le boom pétrolier que connaît le
Tchad soulève beaucoup d’espoirs, notamment celui de mettre
enfin un terme au cycle infernal de la pauvreté. Pour
Monsieur Mahamat Hassan Nasser, ministre du Pétrole, il importe que le
pays tire son épingle du jeu en toute transparence.
Diplomat
Investissement: quelle est la contribution présente du pétrole
à l'économie tchadienne et que prévoyez-vous dans l'avenir ?
Monsieur
Mahamat Hassan Nasser: Elle est très positive. En
effet, depuis octobre 2003, l'économie tchadienne retrouve
progressivement sa santé par des réalisations concrètes, tant
dans le domaine de la réduction de la pauvreté que dans celui
du développement. Avec les revenus du pétrole, le Tchad entend
se désenclaver d'abord de l'intérieur en assurant une
communication permanente en toutes saisons en vue de
rapprocher ses différentes contrées et ensuite de l'extérieur
afin de promouvoir sa coopération aussi bien régionale que
sous-régionale.
Bien avant l'exploitation du
pétrole, le Gouvernement a mis en place des programmes
ambitieux et réalistes sous-tendus par la Loi 001 de janvier
1999 – une loi unique en son genre en Afrique – pour la
gestion saine et transparente des revenus pétroliers et le
bien-être de tous les Tchadiens. Il a mis un accent
particulier sur les secteurs de développement appelés secteurs
prioritaires tels que la santé, l'éducation, les
infrastructures ou le développement rural pour ne citer que
ceux-là, en vue de consolider d'abord les acquis dans le
domaine de l'agriculture et de l'élevage qui furent jusqu’à
tout récemment les deux mamelles de l'économie tchadienne et
ensuite les développer afin de permettre aux populations
tchadiennes de s'auto-suffire et d'assurer leur indépendance
économique.
Certains pays
producteurs de pétrole ont reçu des centaines de milliards en
redevances et leur population est pourtant plus pauvre qu'elle
ne l'était il y a 40 ans. Comment s’assurer que ce triste
scénario ne se reproduise pas ici ?
C'est justement pour ne pas
retomber dans ce syndrome dit hollandais que le gouvernement,
fort de l'expérience de ces pays auxquels vous faites
allusion, a promulgué la Loi 001 en vue de baliser les
dérapages éventuels et annihiler certaines ambitions non
cartésiennes. Nous en sommes certes à nos débuts mais nous
sommes confiants dans l'avenir.
Quel est l'état
des relations entre votre ministère et le Collège de contrôle
et de surveillance des ressources pétrolières ?
Notre Ministère n'a pas de
relations particulières ni spécifiques avec le Collège, qui
agit en aval alors que le ministère du Pétrole agit en amont.
Il faut souligner que le Collège est une structure
indépendante ayant pour mission la vérification de conformité
des dépenses des revenus pétroliers avec les directives de la
loi 001/PR/99.
Les réserves
connues et probables sont importantes et il se fait de plus en
plus d'exploration pétrolière au Tchad. Comment êtes-vous
parvenu à attirer ces entreprises d'exploration chez vous ?
Comme l'a dit à juste titre le
Président de la République, le Tchad est un scandale
géologique. Plus de la moitié de son territoire est constituée
de bassins sédimentaires, ce qui suppose un potentiel
pétrolier très important.
Par conséquent, la politique du
gouvernement consiste, dans le souci de promouvoir ce secteur,
à se comporter comme une vieille fille en mettant en place une
législation souple et attrayante et une fiscalité alléchante
ainsi qu’à désenclaver le pays par la mise en place du
pipeline Tchad/Cameroun. Tel est l'élixir qui attire les
entreprises pétrolières au Tchad.
II est encore
trop tôt mais a-t-on une idée de l'importance des gisements
pétroliers au Tchad ?
En terme de réserves récupérables,
il est en effet trop tôt pour en parler, hormis des champs qui
sont actuellement en exploitation. Cependant, sans risque d'un
optimisme exagéré, nous pouvons affirmer que le Tchad en
dispose à satiété.
Quel est le
niveau d'implication des institutions financières
internationales dans l'exploitation pétrolière ?
Pour l'instant, hormis les
institutions de Bretton Woods et la Banque européenne
d’investissement, on ne sent pas une implication substantielle
des institutions financières internationales dans
l'exploitation pétrolière. Mais compte tenu de la situation
favorable au Tchad actuellement, nous constatons l’intérêt de
plus en plus important de ces institutions pour le Tchad, même
si cela ne s'est pas encore matérialisé sur le terrain.
Votre ministère
entend-il favoriser la formation de techniciens tchadiens ?
La formation de techniciens, tous
profils confondus, dans l'industrie pétrolière est notre
leitmotiv, voire notre sacerdoce, car pour se libérer de
l'expertise et de l'assistance étrangères, nous avons décidé
d'être autonomes et indépendants pour mieux cerner notre
secteur pétrolier.
C'est pourquoi nous cherchons une
formation tous azimuts de nos techniciens et ingénieurs avec
l'appui d'institutions et de pays amis. Nous avons mis en
place un premier plan de formation sur cinq ans et cherchons
actuellement à assurer son financement
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