Journal de la diplomatie et des affaires

Journal en cours 

Septembre-Octobre 2004

 

NOUVELLES DIPLOMATIQUES

ANGOLA

L’Ambassadeur d’Angola au Nigeria  Invite les hommes d’affaires dans son pays.

L’ambassadeur d`Angola au Nigeria, Evaristo Domingos "Kimba" a assuré que son pays continue toujours ouvert aux investissements étrangers, notamment des nigérians.

Le diplomate angolais, dans une interview à "New Agency of Nigeria" a dit qu’un homme d`affaires nigérian désireux d’investir en Angola devrait diriger sa proposition à l`ambassade, afin qu’elle soit analysée. "Après l`étude de la proposition, si elle est satisfaisante, l’investisseur sera autorisé à se déplacer en Angola pour étudier le marché".  Selon lui, cela évitera de reproduire des situations antérieures, où "nous autorisions des hommes d’affaires nigérians qui entraient au pays avec des containers de marchandises de petite dimension, telles que des bassins en plastiques.

Il a cité l’industrie, l ‘agriculture et la construction civile comme étant des domaines prioritaires pour l’investissement. 
"Nous acceptons des étrangers qui respectent les lois de l’Angola", a souligné l`ambassadeur.

Source : Angola Press


MAROC

La diplomatie marocaine à l'heure de l'économie (presse)

Dans ses nouvelles tâches d'ordre économique, la diplomatie est guidée par les hautes orientations de S.M. le Roi Mohammed VI visant à en faire un outil efficient au service du développement du pays et du bien-être social.

Cette approche apparaît clairement dans le message royal adressé au «séminaire euro-méditerranéen sur le droit et les politiques de concurrence» (Casablanca, 18 juillet 2000), dans lequel le Souverain souligne que les mutations mondiales dans les domaines de la technologie, des communications et des sciences de l'information «dépassent les frontières des économies nationales».

«Il est aussi devenu patent que l'ère des régimes de protectionnisme économique et des thèses d'autosuffisance est révolue, emportée par les aspirations à l'ouverture et aux échanges. La prise de conscience par les Etats et les peuples que la division du travail à l'échelon international obéira, à l'avenir, aux facteurs de la compétitivité et des avantages comparatifs, et que la prééminence des Etats sera fonction de leur capacité d'échanges de produits et de services, sur la base du respect de la réciprocité, de la créativité, de la qualité et de l'excellence», a expliqué Sa Majesté le Roi.

Force est de constater que, grâce à la réorganisation du système financier, la politique de privatisation et la maîtrise des grands déterminants et indicateurs fondamentaux de l'économie nationale, le Royaume a gagné la confiance des institutions internationales du commerce et des finances, qui le considèrent comme un partenaire exemplaire, fort d'un projet sociétal prônant la démocratie et le modernisme.

«Parallèlement à la présence efficiente de notre pays et à sa contribution à l'instauration de la sécurité et la stabilité dans le monde, nous avons, en visitant les pays frères et amis, ou en accueillant des chefs d'Etat, démontré à quel point il nous importait d'imprimer à nos relations politiques, d'ailleurs excellentes, avec ces pays, une portée économique permettant de capitaliser le rayonnement démocratique de notre pays et d'attirer davantage d'investissements dans le cadre d'une diplomatie économique dynamique», avait affirmé S.M. le Roi dans le discours prononcé à l'occasion du 3e anniversaire de la fête du Trône.

C'est d'ailleurs dans cette optique que se situent les multiples visites effectuées par le Souverain dans des pays frères et amis du Monde Arabe, d'Asie, d'Europe et d'Amérique, ainsi que celles de chefs d'Etat étrangers au Maroc, le tout étant le fruit de la clairvoyance et de l'approche efficiente adoptée par le Souverain qui fait de l'action bilatérale un moyen de créer une synergie multilatérale aux effets bénéfiques sur les processus d'édification d'ensembles politico-économiques forts et fiables, notamment au niveau du Maghreb, de la région arabe, du bassin méditerranéen et de l'Afrique.

Les projets que prône le Souverain s'appuient sur une vision en parfaite symbiose avec les mutations au niveau mondial et bénéficient d'un cadre adéquat que forme tout un ensemble de grandes réformes et d'initiatives de mise à niveau juridique et institutionnelle de l'économie nationale, aux fins de lui assurer une confortable intégration dans le processus de mondialisation.

Face à une telle approche, l'indifférence qu'affichait parfois l'investisseur étranger à l'égard du Maroc fait de plus en plus place à un intérêt plus que soutenu, à en juger par le nombre d'accords conclus ou en vue avec l'Union européenne (UE), les Etats Unis et d'autres pays.

Avec les Etats-Unis, le Maroc a signé un accord de libre échange, comme c'est également le cas avec l'Egypte, la Jordanie et la Tunisie ainsi qu'avec la Turquie.
Avec l'UE, S.M. le Roi défend fermement l'idée d'un véritable partenariat stratégique, notamment avec les pays euro-méditerranéens, où le Royaume doit s'affirmer comme élément agissant dans un espace où la démocratie et l'économie libérale sont souverains.

Ce même souci était perceptible dans le discours royal prononcé à l'ouverture du sommet du Forum 5+5 de décembre 2004 à Tunis, dans lequel le Souverain a exprimé la volonté de mettre en œuvre tous les mécanismes nécessaires afin de donner, concrètement, le plus bel exemple qui soit de ce que peut être une coopération régionale intensifiée, d'ériger la coopération en une «expérience pionnière», de l'inscrire dans une démarche politique visant l'édification d'un partenariat exemplaire entre l'UE et les Etats du Sud de la Méditerranée et d'en faire un riche affluent au bénéfice de tous les espaces régionaux méditerranéens.

Le Souverain a de même réaffirmé l'engagement du Maroc à oeuvrer pour donner sa pleine et concrète expression à l'espace prometteur issu de la Déclaration d'Agadir. le Maroc, avait souligné S.M. le Roi, se réjouit aussi de voir cet espace se muer en une « passerelle de coopération fluide» avec l'espace euro-maghrébin, ainsi qu'avec l'Afrique «afin de répondre aux attentes des pays de ce continent qui aspirent à la stabilité et au développement intégré dans le cadre du NEPAD, initiative qui mérite, de la part de notre Forum, un soutien ferme et accru».

Entre autres actions en faveur de l'intégration régionale en Afrique, le Maroc ne ménage aucun effort pour réactiver l'Union du Maghreb Arabe (UMA) et favoriser diverses initiatives, comme la conclusion d'un accord de libre-échange avec l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les décisions en faveur des pays les moins avancés du continent.

Concrètement, S.M. le Roi avait annoncé, au premier sommet Afrique-Europe (3-4 avril 2000 en Egypte), «l'annulation de l'ensemble des dettes des pays africains les moins avancés vis-à-vis du Royaume et la levée de toutes les barrières douanières imposées aux produits importés de ces pays».

Avec l'Asie, notamment la République populaire de Chine, les relations du Maroc ont connu un saut qualitatif au cours des dernières années, qui s'est traduit par les visites du président chinois au Maroc en 1999 et celle du Souverain en Chine en février 2002, couronnée par la conclusion à Pékin de huit accords, dont un échange de lettres portant sur la coopération économique et technique et un accord de coopération économique et technique.

La visite d'Etat effectuée par S.M. le Roi en Inde (26-28 février 2001) fut sanctionnée par la «Déclaration de New Delhi» qui, de l'avis des observateurs, constitue un tournant historique dans les relations entre le Royaume et le sous-continent indien. Rabat et Delhi ont ainsi décidé d'activer le travail de la commission mixte en vue de renforcer les échanges pour les étendre aux secteurs banquier et financier, aux hydrocarbures, à l'information, à la technologie, aux télécommunications et aux services.

Profondément attaché aux nobles valeurs universelles, le Souverain a entamé son règne par des initiatives centrées sur le développement économique et le progrès social, persévérant sur la voie tracée par ses illustres grand-père et père, feu S.M. Mohammed V et feu S.M. Hassan II, qui ont eu l'inestimable sagesse et clairvoyance de mettre le pays, dès l'indépendance, sur les rails du pluralisme politique et du libéralisme économique, options porteuses de stabilité et de prospérité durables et de capacités d'adaptation dans un monde en perpétuelle mutation.

Source : LE Matin


ÉTATS-UNIS

Guerre contre le terrorisme : Mme Rice prône la lutte des idées

La conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité nationale, Mme Condoleezza Rice, s'est déclarée d'avis qu'il est nécessaire de mener une lutte idéologique pour gagner la guerre contre le terrorisme.

Elle a souligné à cette occasion la longue durée du conflit avec les terroristes et fait remarquer que la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 avait recommandé une stratégie d'ordre autant politique que stratégique pour mener "une lutte des idées" visant à vaincre l'extrémisme islamique.

"Le président Bush et les membres de son gouvernement sont tout à fait du même avis" au sujet de cette stratégie, a-t-elle dit. Depuis le début de la guerre contre le terrorisme, le président considère qu'il s'agit autant d'un conflit d'idées que d'un conflit armé. A cet égard, Mme Rice a cité le premier discours sur l'état de l'Union de M. Bush dans lequel il a déclaré : "Les Etats-Unis se mettront aux côtés des hommes et des femmes courageux qui défendent les valeurs dans le monde entier, y compris dans le monde islamique, parce que nous avons un objectif de plus grande portée que celui qui consiste à supprimer les menaces et à modérer le ressentiment. Nous cherchons à créer un monde juste et pacifique, ce qui va au-delà de la guerre contre le terrorisme."

Le président "a traduit ces paroles en actes", a dit Mme Rice en donnant les grandes lignes de la stratégie destinée à encourager la liberté au Moyen-Orient. Il s'agit :

- de soutenir la lutte que l'Afghanistan et l'Irak mènent contre les terroristes et l'extrémisme, ainsi que les mesures que ces deux pays prennent pour se doter d'institutions démocratiques ;

- d'œuvrer de concert avec l'OTAN et le groupe des Huit (G8) afin d'aider le Grand Moyen-Orient et l'Afrique du Nord "à créer des emplois, à élargir l'accès aux capitaux, à donner une plus grande ampleur à l'alphabétisation et à l'enseignement, à protéger les droits de l'homme et à progresser vers la démocratie" ;

- de mettre en oeuvre l'Initiative de partenariat avec le Moyen-Orient de manière à établir des liens entre les Etats-Unis et les partisans de réformes au Moyen-Orient dans le cadre de projets concrets ;

- d'établir une zone de libre-échange entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient dans les dix années à venir ;

- de conclure un accord de libre-échange avec le Maroc ;

- de doubler les crédits budgétaires affectés à la Fondation nationale pour la démocratie en vue de favoriser "des élections libres, l'économie de marché, la liberté de la presse, la liberté d'expression et des syndicats libres au Moyen-Orient" ;

- enfin, de continuer de financer des émissions radiodiffusées et télévisées au Moyen-Orient en portant à 40 millions de dollars les crédits budgétaires affectés à cet effet et en poursuivant la voie qui a abouti à la création du service de radiodiffusion Sawa en langue arabe, du service de radiodiffusion Farda en langue perse et de la chaîne de télévision al-Hurra au Moyen-Orient.

A la suite de son discours, Mme Rice a répondu à diverses questions et déclaré notamment que la guerre des idées contre l'extrémisme musulman exigeait une large participation de la société américaine et non pas seulement les efforts des pouvoirs publics. Pendant la guerre froide, a-t-elle fait remarquer, "notre pays s'est mobilisé non pas seulement au niveau du gouvernement, mais aussi à celui des universités" qui ont créé des départements spécialisés dans l'étude de l'histoire et des langues des pays de l'Est et de l'URSS. Rien de semblable n'existe en ce qui concerne les pays musulmans.

Les grandes universités devraient considérer ce qu'elles peuvent faire pour encourager les étudiants à étudier l'histoire et les langues des pays musulmans. "Je suis tout à fait sûre, a-t-elle dit, que si notre pays relève ce défi comme nous l'avons fait sur le plan des idées pendant la guerre froide, nous ne manquerons pas de réussir."

Par ailleurs, Mme Rice a parlé des problèmes actuels auxquels l'Afghanistan et l'Irak se heurtaient tout en soulignant que ces deux pays avaient fait beaucoup de progrès en très peu de temps. Elle a rappelé que les Irakiens se trouvaient au tout premier stade de la démocratisation. Les Américains, dont les institutions démocratiques remontent à deux cent trente ans, "doivent être plus patients avec les peuples qui font ces premiers pas, moins critiques des zigzags, moins certains que tous les hauts et bas vont entraîner l'effondrement du processus en cours et plus humbles au sujet de la période de temps qu'il nous a fallu pour mettre en place des institutions démocratiques pluriethniques qui fonctionnent".

"Il nous faut nous rendre compte que la démocratie ne se fait pas du jour au lendemain", a-t-elle souligné.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

 

 

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