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COLIN
POWELL
Secrétaire d'État
Américain
LA MODÉRATION,
L’EXPÉRIENCE ET LE PRAGMATISME
L’homme
politique le plus populaire aux USA et
l’un des plus respectés au monde, est
décrit comme une personne modérée,
pragmatique, stratège et intelligente.
Colin Powell est indiscutablement l'un des
membres de l'équipe Bush les plus
apprécier à l'extérieur, où il est perçu
comme un homme de mesure et d'honneur, et
où son sens de la diplomatie, surtout dans
le contexte actuel, est fort apprécié.
Powell est beaucoup plus populaire que
George Bush aux Etats-Unis et l'opinion
publique lui accorde une importante côte
de confiance. Sur le dossier irakien et
sur la politique extérieure des
États-unis.
Il a passé 35 ans dans l'armée de
terre, commençant comme « sac-à-dos »
engagé volontaire, finissant général et
chef de l'état-major interarmées
(1989-1993); conseiller en matière de
sécurité nationale pendant le gouvernement
Reagan. Après sa retraite de l'armée, M.
Powell a publié une autobiographie et a
fait des tournées de conférences tant aux
États-Unis qu'à l'étranger. En avril 1997,
il a présidé le Sommet du Président pour
l'avenir de l'Amérique, et il a accédé par
la suite à la présidence de l'association
sans but lucratif America's Promise -
Alliance for Youth, vouée à
l'amélioration des conditions de vie des
jeunes du pays.
Colin Powell est également un
intellectuel, titulaire d’une
licence en géologie du City College of
New York; et d’une maîtrise
commerciale M.B.A. de l'université George
Washington.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que
l'homme n'est pas animé par une ambition
dévorante : en 1995, le futur Secrétaire
d'Etat refuse de se lancer dans la course
à la
Maison Blanche malgré la pression de
l'opinion publique, puis il décline le
poste de secrétaire d'Etat que lui offrait
Clinton en 1996 (site
du Monde), il refusa d'être également
sur le "ticket" Bush et laisse la place à
Dick Cheney. Jouissant d'une popularité
exceptionnelle depuis la guerre du Golfe,
Colin Powell est un homme que l'on écoute
et que l'on respecte. A la convention
républicaine de juillet dernier, il fait
un
discours remarqué en faveur de
"l'inclusion" des minorités raciales : "Nous
devons comprendre le cynisme qui existe
dans la communauté noire, le type de
cynisme qui est engendré lorsque, par
exemple, certains dans notre parti, ne
manquent jamais une occasion de condamner
tout haut et bien fort la politique de
discrimination positive qui a permis à
plusieurs milliers d'enfants noirs de
recevoir une éducation..." Depuis sa
retraite, Colin Powell avait investit
beaucoup dans l'éducation de la jeunesse.
Colin Powell est souvent présenté comme un
modèle d'intégration, lui-même espère
qu'avec cette son poste de Secrétaire
d'Etat, il servira d'"inspiration pour les
jeunes afro-américains.
" Né à Harlem en 1937 de parents
jamaïcains, Colin Luther Powell grandit
dans le Bronx. La
biographie détaillée de CNN raconte
qu'à l'université, il découvre le corps de
réserve des étudiants officiers, il est
immédiatement séduit : "La discipline,
la structure, la camaraderie et le
sentiment d'appartenance, étaient ce je
désirais". Il sert notamment dans le
48e d'infanterie basée en Allemagne de
l'ouest. Après trois ans, le jeune Colin
choisit de rester dans l'armée : "Je ne
connaissais rien d'autre que le métier de
soldat....et pour un noir, aucun autre
lieu dans la société américaine n'offrait
autant d'opportunités." En 1962, il
part au Vietnam et découvre l'horreur de
la guerre. Il évoque notamment cette
période dans son autobiographie, "My
American Journey" sortie début 1996, et
dans un
entretien accordé à l'époque au site
Aboute.com.... Près de trente ans plus
tard, Powell est chef d'Etat major au
moment de l'invasion du Koweit par l'Iraq.
Le président
Bush, en le choisissant disait de lui :
« Je ne sache pas qu'il existe
de personne plus éminente pour devenir le
visage et la voix de la diplomatie
américaine que Colin Powell. Dans tous ses
déplacements, dans toutes ses rencontres,
le monde verra en lui le meilleur des
États-Unis d'Amérique. Il occupera des
fonctions qui ont appartenu non seulement
à Thomas Jefferson, mais aussi à un de ses
héros personnels, le général George
Marshall. Et j'ose dire du général Powell
ce que Harry Truman a dit du général
Marshall : C'est un homme hors du commun
qui s'impose par sa force de caractère et
son bon sens. Quand on rencontre une
personne de cette trempe, on s'y accroche.
J'ai trouvé une telle personne. »
M. Powell, a donné différents points de
vue. A propos de la Russie : « Les
relations de la Russie avec l'Occident ne
pourront être bonnes que si ce pays fait
ce qu'il a à faire, c'est-à-dire qu'il
doit poursuivre les réformes, en
particulier en établissant fermement
l'État de droit, en supprimant la
corruption, en mettant fin à la
dissémination des techniques de
fabrication des missiles ainsi que des
matières nucléaires et en cessant de
vendre des armes classiques à caractère
déstabilisateur à des pays tels que
l'Iran. Par ailleurs, la Russie a
l'obligation de rechercher de façon
pressante un règlement politique en
Tchétchénie, tout en s'acquittant de ses
engagements internationaux et en observant
le droit international, notamment les
dispositions des conventions de Genève. »
A propos de
l'Afrique : « Les
États-Unis ont l'obligation d'aider
l'Afrique et la Loi sur la croissance et
les possibilités économiques en Afrique
est l'une des mesures législatives les
plus importantes que le Congrès ait
adoptées l'an dernier. L'application de
cette loi est susceptible d'ouvrir la voie
à des changements importants dans le
continent africain. De concert avec des
pays dotés d'une économie dynamique tels
que l'Afrique du Sud et, par la suite, le
Nigeria et d'autres États africains en
cours de transformation, nous pouvons
commencer à modifier la vie des habitants
les plus pauvres d'Afrique qui ont tant
besoin d'aide. Il nous faut les aider.
C'est là notre obligation. Tout comme nous
avons des obligations à l'égard d'autres
parties du monde, j'estime que nous avons
une obligation envers les Africains. »
Pour concrétiser ce souhait cette année
les États-Unis inviterons six chefs
d’États africains à participer au sommet
de G8 qui aura lieu en Georgie pour
trouver les moyens d’Aider l’Afrique tant
au niveau de la paix, de la sécurité, du
terrorisme que celui de l’économie.
M. Powell se veut ferme quant aux normes
démocratiques : « Nous demeurerons
fermes à l'égard des pays qui n'ont pas
adopté la voie de la démocratie et de la
liberté, des États mal dirigés, gouvernés
par de mauvais chefs qui engagent une
politique malavisée et vouée à l'échec.
Nous défendrons puissamment nos amis et
nos alliés contre les États qui cherchent
à se doter d'armes de destruction massive
et qui pratiquent le terrorisme. Ces États
ne nous feront pas peur. Nous les
confronterons, nous leur ferons face. Nous
défendrons nos intérêts à partir d'une
position de force. »
Même s’il n’a jamais laissé entendre une
ambition présidentielle, plusieurs
observateurs politiques pensent que jamais
un membre de la communauté afro-américaine
n’a tant eu la possibilité de briguer la
magistrature suprême. Mais, lui,
imperturbablement, refuse ne serait-ce que
de figurer sur un ticket comme
vice-président. |