Journal de la diplomatie et des affaires

Journal en cours 

Mars-Avril 2005


Thabo Mbeki

Médiateur et négociateur quasi-incontournable  en Afrique

«Thabo Mbeki se sent investi d'une mission. C'est l'homme du Nepad et de la renaissance africaine. Il lui faut sortir le continent et la diaspora africaine en général de sa misère», explique David Monyae de l'Institut sud-africain des affaires internationales (Saiia). Pour justifier la boulimie diplomatique du successeur de Nelson Mandela. Moeletsi Mbeki, le frère du président, voit les choses d'un autre oeil : «L'Afrique du Sud est au continent africain ce que les Etats-Unis sont au reste du monde. Nous représentons 5% de la population du continent, mais plus de 30% de son économie. Thabo n'a pas le choix. C'est normal qu'il tente de régler tous les conflits en Afrique. Il en va de notre survie à tous.»

Le président sud-africain Thabo Mbeki est devenu, depuis son arrivée au pouvoir en 1999, un médiateur quasi-incontournable dans nombre de conflits qui déchirent le continent, y compris hors de sa sous-région, avec sa mission récente en Côte d'Ivoire.

La fin de l'année 2004 et le début de l'année 2005 ont, plus que jamais, illustré cette boulimie diplomatique revendiquée haut et fort par Mbeki qui voit dans la résolution des conflits sur le continent africain l'indispensable point d'appui d'une véritable "renaissance africaine". Le 30 décembre 2004, il est à Khartoum (Soudan), le 31, il assiste, au Kenya, à la signature des derniers documents précédant la conclusion d'un accord de paix devant mettre fin à 21 ans de guerre dans le sud du Soudan.

Après avoir participé le 10 janvier à Libreville au sommet des chefs d'Etat du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), il s'envole pour la Côte d'Ivoire (Abidjan puis Yamoussoukro), avant de rejoindre Kinshasa deux jours plus tard.

C'est sur le dossier ivoirien, où toutes les médiations passées ont échoué, que le successeur de Nelson Mandela est aujourd'hui le plus attendu. Si tous les acteurs soulignent son implication personnelle et sa capacité d'écoute, le dossier semble au point mort, à quelques jours du 4ème  sommet de l'Union Africaine (UA), les 30 et 31 janvier à Abuja.

Pour tenter de sortir de l'impasse, le chef de l'Etat sud-africain a mené, cette semaine à Pretoria, une série de nouvelles consultations avec l'opposition et la rébellion ivoirienne.

"M. Mbeki est un chef déterminé, véritablement impliqué dans la résolution des conflits dont il a la charge", estimait mercredi l'un des participants, Lambert Kouassi Konan, vice-président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, l'ex-parti au pouvoir).

Au coeur de la "vision" africaine de Mbeki, figure l'idée que l'Afrique du Sud, par son héritage historique récent - transition pacifique du régime raciste de l'apartheid à une démocratie multiraciale - a un rôle central à jouer pour favoriser l'émergence d'un nouvel ordre.  "Nous sommes persuadés que ce que nous avons accompli pendant la première (décennie de démocratie) démontre que nous, Africains, pouvons et allons résoudre nos problèmes", expliquait-il fin avril lors de sa prestation de serment pour un deuxième mandat de cinq ans. En octobre 2004, l'hebdomadaire britannique The Economist suggérait que Thabo Mbeki, "qui a joué un rôle décisif pour faire passer la RDC et le Burundi d'un chaos total à une paix précaire", serait un candidat crédible dans la course au Prix Nobel de la Paix.

Au-delà du débat sur l'état d'avancement de ses différentes médiations, l'omniprésence de Mbeki sur le continent pourrait constituer un atout de taille pour l'Afrique du Sud dans la course engagée - face au Nigeria en particulier - pour un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU.
De la Côte d'Ivoire au Zimbabwe, en passant par Haïti ou les Comores, la politique étrangère de l'ancien diplomate de l'ANC a ses hauts et ses bas. Elle s'est en tout cas imposée sur la scène africaine comme l'une des plus efficaces. Dans une note adressée en début de mois à ses missions diplomatiques, Pretoria a pour la première fois fait valoir son souhait de candidature à un siège permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. L'Afrique du Sud se met ainsi en concurrence avec la Libye, le Nigeria et l'Egypte.

 

 Journal en cours

Sommaire
Éditorial

Journal de  ..

  référence

 Édition spéciale

 

TOP 10

de sites
diplomatiques
recommandés
ce mois 


Tous droits réservés © 2003 Diplomat Investissement Inc.
Diplomat Investissement - Groupe DiplomatContact
Accueil | Actualités Nouvelles diplomatiques | Ambassadeur du mois | Entrepreneur du mois | Dossiers Archives
Journal en cours
| Diplomat express | Nouvelle vision de la diplomatie | Forum diplomatique
Ambassades dans le mode | Sites diplomatiques
Promotion et investissement
English