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Paul
Wolfowitz
Nouveau
président de la Banque mondiale
L'Américain
Paul Wolfowitz a été nommé, au poste de
président de la Banque mondiale, à
l'unanimité des administrateurs de
l'institution.
Paul
Wolfowitz, 61 ans, l'un des principaux
artisans de la guerre en Irak et jusque là
numéro deux du Pentagone, a remercié les
administrateurs pour la
confiance qu'ils lui accordent,
dans une longue déclaration publiée par
la Banque. Il a notamment rappelé qu'il
croyait
"profondément en la
mission" d'aider à réduire la
pauvreté dans le monde.
Le
nouveau président doit prendre ses
fonctions le 1er juin, après le départ
à la retraite de James Wolfensohn qui
aura tenu les rênes de l'institution
pendant 10 ans.
La
candidature de M.Wolfowitz avait provoqué
une vague de critiques, mais aucun pays
membre de la banque ne
s'est formellement opposé à lui,
en particulier les Européens.
Pendant
la journée, devant l'immeuble principal
de la Banque mondiale à Washington, une
dizaine de personnes s'étaient rassemblées
pour dénoncer ce qu'ils appellaient
ironiquement "la course avec un seul
cheval". Le faible nombre de
manifestants reflètait mal la levée de
boucliers provoquée par la
candidature de M.Wolfowitz, en
particulier de la part des organisations
non-gouvernementales (ONG) qui s'occupent
du développement et de la lutte contre la
pauvreté.
Parmi
les principaux reproches faits au nouveau
Président figurent son rôle joué dans
la guerre en Irak, mais aussi son manque
d'expérience en matière de lutte contre
la pauvreté ou d'aide au développement.
Les ONG craignent aussi que M. Wolfowitz
ne transforme la Banque en instrument au
service de la stratégie de l'aide au développement
favorisée par le président Bush.
Paul
Wolfowitz "est un idéologue ayant
amplement démontré qu'il est motivé par
une vision de la domination américaine.
Il a aussi donné la preuve de son incompétence
en termes d'action stratégique"
notamment en Irak, accuse Soren Ambrose,
responsable de l'ONG "50 years is
enough", pour une réforme des
institutions multilatérales.
D'autres
laissent pour le moment le bénéfice du
doute au néo-conservateur. Malgré une
offensive médiatique éclair depuis la
mi-mars, il n'a guère donné de détails
sur ce qu'il comptait faire une fois nommé
à la tête d'une institution qui l'année
dernière a dépensé 20 milliards de
dollars dans des projets d'aide au développement.
"J'ENTENDS
AVOIR UNE ÉQUIPE MULTINATIONALE"
"On
le verra à l'oeuvre", a souligné un
haut responsable européen à Washington,
en rappelant que M. Wolfowitz avait pour
lui "son intelligence et sa capacité
d'écoute".
Conscient
de sa réputation sulfureuse, il a dit et
répété qu'il ne serait pas la
"taupe" de Washington à la
Banque.
"J'entends
avoir une équipe dirigeante véritablement
multinationale", a-t-il affirmé aux
Européens, lors d'un déplacement à
Bruxelles, mercredi 30 mars, mais sans
promettre de prendre l'un des leurs à ses
côtés.Aux administrateurs représentant
les pays pauvres de la Banque, M.
Wolfowitz a réaffirmé que "la réduction
de la pauvreté et le développement économique
sont les principales tâches de la
Banque" et il a promis "qu'il
n'essaiera pas de poursuivre des objectifs
politiques". Paul Wolfowitz avait
aussi mis en avant son expérience d'un
pays en développement. Il a passé trois
ans en Indonésie comme ambassadeur des
Etats-Unis.
Après
sa désignation, M. Wolfowitz a indiqué
avoir "une nouvelle appréciation
pour le besoin urgent d'allègement de la
dette, pour l'infrastructure et l'intégration
régionale si nous voulons réduire la
pauvreté".
Il
a également indiqué qu'on lui avait suggéré
au sein de la Banque de "revoir le
bon équilibre entre les dons et les prêts"
octroyés par l'institution. Il se trouve
que la Maison Blanche fait campagne depuis
plusieurs mois en faveur de l'octroi de
dons aux pays endettés plutôt que de prêts
ou crédits, mais est restée vague sur
les critères de bonne gouvernance qu'elle
veut lier à l'octroi de ces dons. La
nomination de Paul Wolfowitz, comme
candidat au poste de président du groupe
de la Banque Mondiale par
l’administration de Georges W. Bush aura
une conséquence profonde pour l’Afrique,
selon
des observateurs avertis. En effet,
le «faucon» architecte de la guerre
contre Saddam Hussein est avant tout «un
intellectuel qui déteste les dictateurs
et les mauvais gouvernements» selon ses
admirateurs. Pour cela, il n’a jamais hésité,
tout au long de sa carrière, d’utiliser
tous les moyens économiques et militaires
de la première puissance mondiale contre
ceux qu’il estime ne comprendre que la
force : les dictateurs.
Saddam
Hussein, l’ex-dictateur irakien en a
fait les frais autant que Suharto d’Indonésie
où Wolfowitz était ambassadeur des
Etats-Unis pendant les évènements qui
ont entraîné la chute du dictateur indonésien
en mai 1998. Suharto, un ancien allié américain
pendant la guerre froide, se vit contraint
d’abandonner le poste de président sous
la pression populaire, après avoir été
accusé, comme le président Conté
aujourd’hui, d’avoir systématiquement
pillé l’économie du premier pays
musulman du monde. Suharto et sa famille
avaient amassé 15 milliards de dollars
sur le dos des Indonésiens de 1966 à
1998 !
L'actuel
président de la Banque mondiale, l'Américain
d'origine australienne James Wolfensohn,
71 ans, a indiqué qu'il quitterait ses
fonctions en juin prochain après 10 ans
passés à la tête de cette institution.
Son second mandat de 5 ans s'achève le 31
mai, date à laquelle il a prévu de
prendre sa retraite.
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