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MANUFACTURIERS ET
EXPORTATEURS DU QUÉBEC
Notre industrie vit de
grands défis
La solution : une forte
mobilisation !
L’année 2003 a été dure pour le
secteur manufacturier et exportateur québécois. Beaucoup
d’attention a été mise sur l’appréciation du dollar canadien.
Avec raison puisque la vitalité du secteur repose sur sa
performance à l’exportation.
Également, le regain
protectionniste aux États-Unis, notre principal marché, touche
de plein fouet plusieurs entreprises.
Tout cela met en lumière une vague de fond, durable et
d’autant plus inquiétante celle-là : l’émergence d’une
concurrence mondiale sans merci venant notamment de Chine. Une
transformation profonde de notre secteur manufacturier s’opère
et des stratégies d’adaptation devront être mise en œuvre sans
quoi d’importants segments du secteur risque de ne pas tenir
le coup.
Les conséquences de ces
difficultés se font déjà fortement sentir :
- plus de 40 000 emplois perdus
dans le secteur depuis novembre 2002 ;
- régression de nos parts de marché à l’international alors
que les concurrents s’en emparent ;
- des annonces de fermeture d’usines multipliées ces derniers
mois.
Peut-on conserver au Québec une
industrie forte qui constitue le moteur de nos exportations ?
La réponse est simple : on ne peut pas se permettre de la
perdre et de la laisser partir vers des pays qui nous
dépasseront encore davantage dans cette course aux parts de
marché.
C’est pour cela qu’une mobilisation de tous les partenaires
(patronaux, syndicaux et gouvernementaux) est nécessaire pour
faire face à cette crise. Faut-il rappeler que les
exportations comptent pour 40 % de notre niveau de vie et que
le secteur manufacturier est responsable de plus de 85 % de
ces exportations.
Se mobiliser autour de quoi ?
Libérer notre capital productif :
modernisons nos équipements et levons les freins à cette
modernisation.
Améliorer notre efficacité et libérer notre potentiel
d’amélioration de la productivité : revoyons nos modèles
souvent trop rigides d’organisation du travail et nos modèles
d’organisation physique de nos usines.
Développer davantage nos ressources en matière d’innovation
et de R-D : a-t-on la certitude que nous avons tout harnaché
du mieux qu’on pouvait (entreprises,
CRIQ et universités ?).
Poser la question c’est y répondre. Développer plus
agressivement nos marchés d’exportation : accroître la
productivité et chercher à exporter davantage sont donc deux
axes d’une même stratégie qui doit miser tant sur la
croissance de la production que sur l’accroissement des
ventes. Autrement dit, l’amélioration de la productivité
permet de produire plus et le développement des débouchés
commerciaux permet de vendre ce plus. L’un ne va pas sans
l’autre.
Nous devons tous nous préoccuper
de la compétitivité de nos entreprises puisque leur bonne
santé économique est garante de la bonne santé économique de
tous les travailleurs qu’elles emploient. Des entreprises en
mesure de produire et de vendre davantage assureront
durablement le maintien et la création d’emplois ainsi que la
croissance des conditions de travail et de notre niveau de
vie. Le défi de fabriquer au Québec touche ainsi l’ensemble
des québécois; c’est le défi du Québec tout entier.
(*)Par
Paul-Arthur Huot,
Président-directeur général,
Manufacturiers et exportateurs du Québec
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