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Québec–Autriche
Un
partenariat discret, mais efficace
La
plupart des Québécois considèrent l’Autriche comme un pays à
vocation culturelle, touristique voire culinaire. L’opéra, le
ski et les « Strudel » étant le plus souvent considérés comme
les principales préoccupations des Autrichiens. Ces choses
sont à juste titre appréciées des Autrichiens, puisqu’elles
rendent la vie belle et agréable. Mais ce serait comme dire
que les Montréalais, après leur match de hockey matinal,
allaient tous revêtir l’uniforme de la police montée pour
chasser l’ours polaire sur la rue St. Catherine ou se ruer
vers l’or du Mont Royal.
Sans trop
faire de bruit, peut-être pour ne pas déranger les amateurs
d’opéra, l’Autriche s’est fait une place parmi les
pays les plus riches du monde. Arrivant non seulement en
tête de
peloton pour sa qualité de vie, mais aussi pour son
développement économique et technologique. Depuis la chute du
rideau de fer, l’Autriche et surtout la région de Vienne ont
retrouvé leur position de plaque tournante de l’Europe
centrale, une situation qui s’est encore améliorée avec
l’accession des dix nouveaux Etats-membres à l’Union
Européenne, puisque l’Autriche possède des frontières communes
avec quatre d’entre eux. Non seulement la ligne aérienne
nationale Austrian Airlines, les grandes banques et les
assurances, mais aussi une foule de petites et moyennes
entreprises ont profité de cette occasion pour s’implanter
dans toute l’Europe de l’Est en profitant de la croissance
accélérée de la région.
L’économie
autrichienne ne connaît pas de secteur phare, sa structure est
dominée par une pléthore de petites entreprises avec une gamme
souvent très ciblée de produits. Avec un marché national de
seulement huit millions de personnes, les entreprises ont
toujours du se tourner tôt vers l’exportation, et il n’est pas
rare qu’une entreprise de 50 personnes exporte aux quatre
coins du monde. Parmi les succès commerciaux autrichiens ne
figurent pas seulement skis, confiseries et disques compacts
(avec airs d’opéra, bien sur), mais aussi des machines à
injection plastique, des logiciels de commerce mobile, des
lames de turbine ou des revêtements antifroid pour satellites.
A l’instar
de l’économie autrichienne, les relations commerciales avec le
Québec sont diversifiées. Parmi les entreprises québécoises
implantées en Autriche il faut nommer en première ligne
Bombardier, qui y possède une usine de matériel ferroviaire et
dont l’Autriche est un fidèle acheteur d’avions régionaux, et
Bombardier Recreational Products, qui fait fabriquer tous les
moteurs pour les skidoos et seadoos à son usine Rotax en
Autriche. Parmi les Autrichiens au Québec on peut nommer
Austria Metall, partenaire dans l’aluminerie Alouette ; RHI le
leader mondial pour les briques réfractaires ; ou Doppelmayr,
spécialiste de remontées mécaniques.
La
Délégation commerciale d’Autriche à Montréal est l´un des 70
bureaux répartis dans le monde, financés et opérés par la
Chambre économique fédérale autrichienne, une organisation qui
regroupe l’ensemble des entreprises autrichiennes, avec le but
de promouvoir les échanges économiques entre l’Autriche et les
pays hôtes respectifs. Ceci ne comprend pas uniquement la
promotion des exportations autrichiennes, mais aussi du marché
autrichien pour les exportateurs du Québec et des provinces
atlantiques du Canada dans le cas du bureau de Montréal, ainsi
que la promotion de l’investissement, également dans les deux
sens. Nous assistons également les entreprises dans le
transfert du savoir-faire, le recrutement de spécialistes ou
de conseillers, et heureusement que très rarement, dans le
recouvrement de dettes.
Les échanges
commerciaux ont montré une croissance continue pendant les
dernières années, mais il reste toujours un fort potentiel.
Montréal et le Québec d´un coté et Vienne et l’Autriche ont
une vocation commune en leur fonction de porte vers de grands
marchés, L’Amérique du Nord de l’ALENA dans le cas du Québec,
et l’Union Européenne élargie et l’Europe de l’Est dans le cas
de l’Autriche. On gagnerait bien à mieux se connaître.
(*) Par
Christoph Grabmayr Délégué commercial Consulat Général
d'Autriche
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