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FRANCE
Chirac présente au G8 son
projet d'impôt international
La nécessité
de l'aide au développement face à la marginalisation des pays
les plus défavorisés du globe domine jeudi les débats au G8 de
Sea Island, où Jacques Chirac a présenté à ses partenaires son
projet de taxation internationale pour mieux lutter contre la
pauvreté.
"C'est une
idée qui m'est plus que chère, tout simplement parce qu'elle
est à mon avis incontournable et inévitable. Elle s'impose. Il
faut maintenant voir dans quelles conditions", avait déclaré
le président français la veille lors d'une conférence de
presse.
"C'est une
idée audacieuse", a pour sa part estimé George Bush lors de sa
rencontre matinale avec son hôte français.
Lors d'une
réunion préparatoire au G8 en présence d'organisations non
gouvernementales (ONG), Jacques Chirac s'était inquiété de "la
marginalisation persistante des pays les plus pauvres et
notamment l'Afrique".
"Nous devons
donc explorer sans tabou tous les mécanismes possibles, qu'ils
soient basés sur l'emprunt (facilité financière
internationale), ou sur une forme d'impôt international", a
déclaré jeudi Jacques Chirac à ses partenaires des pays les
plus industrialisés.
Le président
français souhaite la mise en place d'une taxe internationale -
sur les transports ou les armements, par exemple - qui
viendrait s'ajouter à l'aide publique au développement dans le
but de se rapprocher des objectifs du Millénaire fixés à
l'Onu, qui prévoyaient notamment de réduire la pauvreté de
moitié en 15 ans.
AIDE PUBLIQUE
AU DÉVELOPPEMENT
"Ce sont au
minimum 50 milliards de dollars supplémentaires par an qu'il
nous faut trouver d'ici 2015 pour espérer atteindre les
objectifs du Millénaire", a rappelé au G8 le chef de l'Etat,
pour qui les pays riches ont le devoir d'"assumer leurs
responsabilités en matière de solidarité dans le monde" et
ainsi contrer la "bombe à retardement" de la pauvreté.
Le président
français vient de recevoir les conclusions préliminaires du
groupe de travail dirigé par Jean-Pierre Landau sur la
faisabilité de ce projet, pour lequel il compte sur le soutien
de l'Onu.
"Il est
possible de concevoir des formes de taxation internationale
autres que la taxe Tobin, qui ne perturbent pas l'économie",
a-t-il déclaré jeudi à Sea Island.
Face aux
Américains, partisans d'une aide au développement ciblée et
donnant une large part au secteur privé, les Européens
continuent de soutenir la nécessité d'un financement public du
développement (APD).
Jacques
Chirac plaide pour une hausse de cette aide, la France s'étant
engagée à y consacrer 0,7% de son Produit intérieur brut.
Le G8 devrait
par ailleurs donner une nouvelle impulsion au Nepad, principal
cadre de référence pour le développement du continent
africain.
Comme la
veille, le déjeuner de jeudi à Sea Island, consacré à
l'Afrique, a été ouvert à des pays ne faisant pas partie du
G8. Y ont été notamment conviés l'Algérien Abdelaziz
Bouteflika, le Nigérian Olusegun Obasanjo, le Sud-Africain
Thabo Mbeki et le Sénégalais Abdoulaye Wade.
* Il y a
notamment été question de lutte contre le sida, contre la
famine et d'éducation.
* "Il est
indispensable que le G8 apporte son appui aux efforts
entrepris sur ces sujets et se mobilise en faveur de
l'Afrique, sinon il en résultera une grosse déception", a
déclaré Jacques Chirac, selon des propos rapportés par
l'Elysée.
Le chef de l'Etat "s'est réjouit que la présidence
britannique ait décidé d'inscrire l'Afrique et le financement
du développement au premier rang des priorités pour l'an
prochain", a-t-on ajouté de même source. AFP
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