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Juillet-Août 2004


Le G8 souligne les risques qui pèsent sur la croissance mondiale

Les dirigeants des huit pays les plus industrialisés ont insisté mercredi sur les risques qui pèsent toujours sur la croissance et exhorté les négociateurs qui participent aux discussions sur le commerce international à trouver un accord d'ici la fin juillet, dix mois après l'échec des pourparlers de Cancun.

"Nous sommes résolus à mettre à profit l'occasion qui s'offre à nous de donner une impulsion stratégique à notre économie", peut-on lire dans la déclaration du G8 sur le commerce. "C'est pourquoi nous demandons à nos ministres et à tous les membres de l'OMC de fixer définitivement les cadres de négociation d'ici juillet afin de relancer les négociations de l'OMC pour conclure rapidement le programme de développement de Doha."

Un officiel du département américain du Commerce a estimé pour sa part sous couvert d'anonymat: "Nous sommes sur le point d'obtenir quelques résultats très ambitieux."

Les principaux pays du G8, réunis jusqu'à jeudi pour le sommet de Sea Island, en Géorgie, sont aussi ceux qui subventionnent le plus fortement leur agriculture. Ce volet est l'un de ceux sur lesquels achoppe le cycle actuel de négociations sur les règles du commerce international. Le groupe des huit rassemble les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne, le Japon, le Canada et la Russie.

En se disant attachée à la libéralisation du commerce, "un facteur déterminant de la prospérité mondiale", le G8 espère donner un coup de pouce aux diplomates qui tentent au siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, de relancer les négociations après le revers enregistré à Cancun, au Mexique, en septembre dernier.

L'OMC veut conclure une série d'accords sur la libéralisation des échanges de produits agricoles et industriels, ainsi que de services, qui seront utilisés comme base de travail pour les négociations finales. Le cycle de Doha, lancé il y a près de trois ans au Qatar, doit être bouclé d'ici janvier 2005.

Mais depuis Cancun, rares sont ceux qui croient que le calendrier puisse être encore respecté. Le délégué américain au Commerce Robert Zoellick et son homologue européen, le commissaire Pascal Lamy, ont donc exhorté les participants à avancer aussi vite que possible cette année.

L'Union européenne a accepté le mois dernier le principe d'une suppression progressive de ses aides à l'exportation si les États-Unis et le Canada notamment prennent des engagements "en parallèle".

Les États-Unis se disent prêts à réduire leurs aides à l'agriculture, mais à condition que l'Union européenne et le Japon coupent davantage dans leurs budgets agricoles.

Selon les règles actuelles de l'OMC, l'UE peut consacrer chaque année jusqu'à 60 milliards de dollars pour aider ses agriculteurs, contre 30 milliards environ pour le Japon et 19 milliards pour les États-Unis.

"Dans le domaine de l'agriculture, nous avons une occasion historique d'atteindre nos objectifs de Doha concernant la réforme agricole en profondeur comportant des règles renforcées et des engagements spécifiques sur les soutiens et les protections afin de corriger et de prévenir les restrictions et les distorsions sur les marchés agricoles mondiaux", ajoute le G8 dans sa déclaration.

"Il est particulièrement important que le programme de développement de Doha non seulement contribue au renforcement du commerce entre les pays développés et en développement mais aussi encourage l'expansion du commerce Sud-Sud", précise le texte.

LE G8 RESTE PRÉOCCUPÉ PAR LES DÉFICITS ET LE PÉTROLE

Bien qu'ils se réunissent à un moment où les perspectives économiques sont redevenues plus prometteuses, plusieurs leaders du G8 ont tenu à mettre en garde contre les risques qui pourraient encore compromettre la reprise, la France insistant sur les déficits américains, et l'Allemage sur le prix du pétrole.

Jacques Chirac a déclaré que des pays membres du G8 et lui-même s'étaient inquiétés des conséquences éventuelles du déficit budgétaire et commercial américain lors des premières discussions de Sea Island.

Il a précisé lors d'une conférence de presse avoir fait valoir "un certain nombre d'inquiétudes ou de réflexions".

"Je n'étais pas le seul, pour ce qui concerne notamment les conséquences éventuelles du fort déficit budgétaire et commercial américain sur l'avenir et notamment sur les changes et les taux d'interêts", a-t-il ajouté.

Jacques Chirac a souligné que le président américain George W. Bush était "parfaitement conscient de cette situation".

Le chancelier allemand Gerhard Schröder a rapporté pour sa part que les dirigeants des grands pays industrialisés avaient appelé de leurs voeux une plus grande transparence sur les marchés pétroliers.

"Le G8 est convenu de la nécessité de faire quelque chose pour qu'il y ait plus de transparence sur les marchés pétroliers", a-t-il dit lors d'un point de presse.

Notant que le niveau élevé des prix du pétrole, fait planer un risque sur l'économie mondiale, le chancelier a aussi rapporté que le président russe Vladimir Poutine avait déclaré: "les pays exportateurs de pétrole n'ont pas intérêt à ce que les prix du pétrole restent élevés en permanence."

Le brut léger américain, qui a atteint récemment le plus haut niveau de son histoire au-delà de 42 dollars le baril, est revenu maintenant autour de 37,50.

Le secrétaire d'État allemand à l'Économie Alfred Tacke a indiqué ultérieurement que le G8 était tombé d'accord sur la nécessité d'empêcher les déséquilibres sur le marché des changes, et pour ses membres de réduire leurs déficits courants et commerciaux, sans nommer de pays en particulier.

  

 

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