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Le G8
souligne les risques qui pèsent sur la croissance mondiale
Les
dirigeants des huit pays les plus industrialisés ont insisté
mercredi sur les risques qui pèsent toujours sur la croissance
et exhorté les négociateurs qui participent aux discussions
sur le commerce international à trouver un accord d'ici la fin
juillet, dix mois après l'échec des pourparlers de Cancun.
"Nous sommes
résolus à mettre à profit l'occasion qui s'offre à nous de
donner une impulsion stratégique à notre économie", peut-on
lire dans la déclaration du G8 sur le commerce. "C'est
pourquoi nous demandons à nos ministres et à tous les membres
de l'OMC de fixer définitivement les cadres de négociation
d'ici juillet afin de relancer les négociations de l'OMC pour
conclure rapidement le programme de développement de Doha."
Un officiel
du département américain du Commerce a estimé pour sa part
sous couvert d'anonymat: "Nous sommes sur le point d'obtenir
quelques résultats très ambitieux."
Les
principaux pays du G8, réunis jusqu'à jeudi pour le sommet de
Sea Island, en Géorgie, sont aussi ceux qui subventionnent le
plus fortement leur agriculture. Ce volet est l'un de ceux sur
lesquels achoppe le cycle actuel de négociations sur les
règles du commerce international. Le groupe des huit rassemble
les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie,
l'Allemagne, le Japon, le Canada et la Russie.
En se disant
attachée à la libéralisation du commerce, "un facteur
déterminant de la prospérité mondiale", le G8 espère donner un
coup de pouce aux diplomates qui tentent au siège de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, de
relancer les négociations après le revers enregistré à Cancun,
au Mexique, en septembre dernier.
L'OMC veut
conclure une série d'accords sur la libéralisation des
échanges de produits agricoles et industriels, ainsi que de
services, qui seront utilisés comme base de travail pour les
négociations finales. Le cycle de Doha, lancé il y a près de
trois ans au Qatar, doit être bouclé d'ici janvier 2005.
Mais depuis
Cancun, rares sont ceux qui croient que le calendrier puisse
être encore respecté. Le délégué américain au Commerce Robert
Zoellick et son homologue européen, le commissaire Pascal
Lamy, ont donc exhorté les participants à avancer aussi vite
que possible cette année.
L'Union
européenne a accepté le mois dernier le principe d'une
suppression progressive de ses aides à l'exportation si les
États-Unis et le Canada notamment prennent des engagements "en
parallèle".
Les
États-Unis se disent prêts à réduire leurs aides à
l'agriculture, mais à condition que l'Union européenne et le
Japon coupent davantage dans leurs budgets agricoles.
Selon les
règles actuelles de l'OMC, l'UE peut consacrer chaque année
jusqu'à 60 milliards de dollars pour aider ses agriculteurs,
contre 30 milliards environ pour le Japon et 19 milliards pour
les États-Unis.
"Dans le
domaine de l'agriculture, nous avons une occasion historique
d'atteindre nos objectifs de Doha concernant la réforme
agricole en profondeur comportant des règles renforcées et des
engagements spécifiques sur les soutiens et les protections
afin de corriger et de prévenir les restrictions et les
distorsions sur les marchés agricoles mondiaux", ajoute le G8
dans sa déclaration.
"Il est
particulièrement important que le programme de développement
de Doha non seulement contribue au renforcement du commerce
entre les pays développés et en développement mais aussi
encourage l'expansion du commerce Sud-Sud", précise le texte.
LE G8 RESTE PRÉOCCUPÉ PAR LES DÉFICITS ET LE PÉTROLE
Bien qu'ils
se réunissent à un moment où les perspectives économiques sont
redevenues plus prometteuses, plusieurs leaders du G8 ont tenu
à mettre en garde contre les risques qui pourraient encore
compromettre la reprise, la France insistant sur les déficits
américains, et l'Allemage sur le prix du pétrole.
Jacques
Chirac a déclaré que des pays membres du G8 et lui-même
s'étaient inquiétés des conséquences éventuelles du déficit
budgétaire et commercial américain lors des premières
discussions de Sea Island.
Il a précisé
lors d'une conférence de presse avoir fait valoir "un certain
nombre d'inquiétudes ou de réflexions".
"Je n'étais
pas le seul, pour ce qui concerne notamment les conséquences
éventuelles du fort déficit budgétaire et commercial américain
sur l'avenir et notamment sur les changes et les taux d'interêts",
a-t-il ajouté.
Jacques
Chirac a souligné que le président américain George W. Bush
était "parfaitement conscient de cette situation".
Le chancelier
allemand Gerhard Schröder a rapporté pour sa part que les
dirigeants des grands pays industrialisés avaient appelé de
leurs voeux une plus grande transparence sur les marchés
pétroliers.
"Le G8 est
convenu de la nécessité de faire quelque chose pour qu'il y
ait plus de transparence sur les marchés pétroliers", a-t-il
dit lors d'un point de presse.
Notant que le
niveau élevé des prix du pétrole, fait planer un risque sur
l'économie mondiale, le chancelier a aussi rapporté que le
président russe Vladimir Poutine avait déclaré: "les pays
exportateurs de pétrole n'ont pas intérêt à ce que les prix du
pétrole restent élevés en permanence."
Le brut léger
américain, qui a atteint récemment le plus haut niveau de son
histoire au-delà de 42 dollars le baril, est revenu maintenant
autour de 37,50.
Le secrétaire d'État allemand à l'Économie Alfred Tacke a
indiqué ultérieurement que le G8 était tombé d'accord sur la
nécessité d'empêcher les déséquilibres sur le marché des
changes, et pour ses membres de réduire leurs déficits
courants et commerciaux, sans nommer de pays en particulier.
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