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Alpha
Oumar Konaré
L’Union
Africaine
et la démocratie en Afrique

L'Union
africaine (UA) "doit parler d'une
voix" et avoir une "véritable
stratégie d'influence", a indiqué
à Addis Abeba le président de la
Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré
(photo), lors d'une réunion sur la place
de l'Afrique dans un éventuel conseil de
sécurité de l'Onu élargi.
Il
s'exprimait devant une session
extraordinaire du Conseil exécutif de l'UA
réuni au niveau des ministres des
affaires étrangères des 53 pays membres
de l'organisation pan-africaine, qui se
tient jusqu'à mardi à Addis Abeba.
Le
22 février, les ministres des Affaires étrangères
de 15 pays africains, avaient convenu au
Swaziland de demander deux sièges
permanents pour l'Afrique au sein du
Conseil de sécurité de l'ONU. Kofi Annan
prépare un élargissement du Conseil de sécurité
de l'Onu à de nouveaux membres.
"Ces
propositions doivent refléter la vision
africaine du devenir du continent et la
place de l'Afrique dans le monde", a
insisté M. Konaré.
"Elle
doivent permettre à l'Union africaine de
parler d'une voix (...) et d'assurer une véritable
représentation du continent, d'agir
ensemble, de négocier ensemble, de déployer
une véritable stratégie d'influence et
une réelle solidarité", a-t-il
poursuivi.
"Nous
devons appliquer courageusement notre
principe de non-indifférence (...), la
non-indifférence, c'est l'ingérence
courtoise, l'ingérence solidaire",
a-t-il ajouté sans plus de précision. L'UA
s'est récemment beaucoup impliquée dans
la crise constitutionnelle au Togo.
Lors
de la réunion d'Addis Abeba; "les
ministres des Affaires étrangères vont
examiner le rapport du comité ministériel
des 15 sur la réforme des Nations unies
et le barème des contributions
obligatoires des differents Etats membres
au budget de l'Union africaine", a
indiqué un porte-parole de l'UA, Adam
Thiam.
"Les
15 Etats membres ont élaboré une
position commune (au Swaziland) disant
qu'ils veulent deux sièges permanents au
sein du Conseil de sécurité,
aujourd'hui, les 53 Etats membres doivent
approuver ce consensus ou le rejeter avant
de le soumettre à l'Onu", a indiqué
un autre responsable de l'UA.
Le
texte adopté au Swaziland prévoir pour
l'Afrique "au moins deux sièges
permanents avec tous les privilèges et prérogatives
des membres permanents, y compris le droit
de veto".
"A
cet égard, même si l'Afrique s'oppose en
principe au maintien du droit de veto,
elle pense que c'est une question de
justice pour tous et que tant qu'il
existera, il doit être accordé à tous
les membres permanents, anciens et
nouveaux", souligne le texte.
L'Allemagne,
le Japon, l'Inde et le Brésil ont également
demandé à bénéficier d'un siège
permanent au Conseil de sécurité, où la
Grande-Bretagne, la Chine, les Etats-Unis,
la France et la Russie détiennent déjà
un droit de veto.
L'Afrique
du Sud, l'Egypte et le Nigeria ont
manifesté leur intérêt pour représenter
le continent africain au sein de cette
instance qui passerait de 15 à 24
membres.
L’ancien
président malien, Alpha Oumar Konaré, a
été élu le 10 juillet à la présidence
de la Commission, l’exécutif de l’Union
africaine, par les Chefs d’Etat de l’UA
réunis en sommet à Maputo au Mozambique.
Démocrate,
donc, mais aussi panafricaniste convaincu.
« Mon panafricanisme ne date pas
d’aujourd’hui, je suis prêt à me
battre pour mon continent », aurait
déclaré le candidat Konaré à son
successeur à la tête de l’Etat malien,
Amadou Toumani Touré, qui lui proposait
de se présenter à la présidence de la
Commission de l’UA. Alpha Oumar Konaré
a assumé de 1999 à 2000 les fonctions de
président en exercice de la Communauté
économique des Etats d’Afrique de l’Ouest
(Cedeao) et de l’Union économique et
monétaire ouest-africaine (Uemoa). A ce
poste, « pour faire avancer la cause
de l’Union africaine, [il] a pris un
avion-taxi pour visiter en moins d’une
semaine les [quinze] pays de la Cedeao »,
se souvient un actuel ministre.
Sa
vision de l’Afrique, Alpha Oumar Konaré
la doit à Modibo Keïta, le père de
l’indépendance malienne, a qui il a érigé
un mémorial à Bamako. « J’étais
étudiant, puis professeur stagiaire à
Bamako, et la vision qu’avait le président
Modibo de l’Afrique nous inspirait
profondément », raconte-t-il. Selon
l’un de ses compagnons politiques,
l’une de ses satisfactions est d’avoir
maintenu dans la Constitution malienne que
« pour réaliser l’Union
africaine, le Mali est prêt à perdre une
partie ou toute sa souveraineté ».
Un principe qu’il aimait à rappeler.
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