Journal de la diplomatie et des affaires

Archives 

Mars-avril 2003

ÉCONOMIE GUINÉENNE

Les voies d’une gestion moderne

Le grand argentier de la Guinée, homme dynamique, bénéficiant de la confiance des autorités de son pays,  n’a pas la tâche simple. Il doit permettre à l’État de recouvrer ses recettes intérieures, de solliciter des appuis extérieurs et surtout de bien gérer les fonds publics. Même s’il agit avec l’appui ferme du président Lansana Conté, le travail quotidien lui impose rigueur et vision. Nous avons réalisé une entrevue avec lui où il dresse  quelques aspects de ses réflexions sur les finances et l’économie guinéenne.

Diplomat investissement : Lors de votre récent voyage au Canada, vous avez réaffirmé la volonté de votre Gouvernement à poursuivre les réformes économiques susceptibles d’attirer les capitaux étrangers. Quelles sont les réformes opérées?

M. Cheik Ahmadou Camara :   Tout d’abord, il convient de noter que la Guinée s’est dotée d’une Stratégie de Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (DSRP) qui constitue le socle sur lequel est bâti la politique économique et financière du Gouvernement. Le premier axe de cette Stratégie concerne l’accélération de la croissance économique qui doit être porteuse de larges opportunités d’emplois et de revenus. Le secteur privé doit jouer un rôle déterminant dans la création de la richesse et des emplois. A cet égard la politique gouvernementale repose désormais sur la préservation d’un cadre   macro-économique viable, le développement des infrastructures de base, l’appui aux secteurs porteurs de croissance et la mise en place d’un cadre institutionnel et juridique approprié.

La structure de l’économie guinéenne, qui est dominée par des faibles capacités d’investissement et de gestion de la plupart des opérateurs commande qu’un accent particulier soit porté sur les PME/PMI. A cet égard, le Gouvernement s’engage pour une action soutenue se traduisant, entre autres, par le développement de l’esprit d’entreprise, le renforcement des capacités     institutionnelles et humaines des acteurs en matière de création et de gestion des entreprises et l’amélioration du cadre des affaires.

Pour donner un support à la volonté et à         l’engagement du Gouvernement à améliorer l’environnement des affaires, la Guinée a adheré en 2000 à l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (l’OHADA) dotée de la personnalité juridique internationale.

En effet, la mondialisation de l’économie exige l’harmonisation des droits et des pratiques du droit, notamment celui des affaires. Cette      exigence constitue pour les pays en développement une priorité pour créer les conditions favorables à l’instauration d’un espace de   sécurité juridique et judiciaire nécessaire pour drainer des flux importants d’investissements ; ce qui est en soi un risque, même s’il est        calculé. S’il faut doubler ce risque premier de celui d’un faible système juridique, il n’ y a pas beaucoup de chance de susciter l’attrait des investisseurs. Dans cette dynamique, la législation guinéenne (Code des Investissements, Code des Mines, ...) accorde des avantages douaniers et fiscaux ainsi que des garanties de transfert de capitaux et de protection des droits acquis non négligeables aux opérateurs désireux d’investir en Guinée.

Ainsi, au titre des incitations fiscales, le Code des investissements,  prévoit entre autres :

- l’exonération du BIC pendant les 5, 6 ou 8 premières années, suivant que l’entreprise est implantée en zone 1, 2, 3 ou 4 ;

- la réduction de l’assiette du BIC de 50% pour la première année fiscale suivant les périodes d’exonération ;

- la réduction de ladite assiette de 25% pour la deuxième année fiscale ;

- l’exemption de la taxe d’apprentissage et du versement forfaitaire pour une durée de 5 années fiscales à partir du début des opérations ; et

- la réduction de 50% du montant de cette taxe et de ce versement pendant les 3 premières années suivantes.

Des avantages spécifiques aux PME, entreprises exportatrices et celles participant à la         valorisation des ressouces naturelles et autres matières premières viennent compléter ce     dispositif réglementaire. Toutes les industries sont regies par le Code des Investissements et, a ce titre,  beneficient d’allegements fiscaux suffisants tant a l’importation qu’en fiscalite interieure.

Les exonérations d’impôts directs (impôts sur les bénéfices, IMF, taxe d’apprentissage,   versement forfaitaires) sont accordées pendant une période de 3 à 8 ans. Les équipements sont à 0,5% et les matières premières à 6%.

Quant à la TVA elle est à un taux unique de 18%.

Par ailleurs, le Gouvernement a adopté une nouvelle stratégie de privatisation fondée sur un nouveau Cadre de stratégie de réforme des entreprises .

La mise en œuvre de cette stratégie s’appuie sur une nouvelle Loi sur la privatisation adoptée en 2001. Celle-ci se             caractérise par l’introduction de  procédures claires et transparentes, ainsi que par une meilleure        restructuration   des organes chargés des privatisations.

Ce cadre stratégique concerne une soixantaine d’entreprises regroupées en trois options qui sont :

- les liquidations-extinctions pour les entreprises devenues inactives;

- les privatisations totales ou partielles, y compris les ventes d’actions ;

- les stratégies spécifiques pour les entreprises minières ou d’utilités publiques.

Le programme de privatisation sera exécuté par une Unité de Privatisation créée au sein du Ministère de l’Economie et des Finances et dirigée par un coordonnateur.  Un Comité de Réflexion Stratégique dont les membres sont choisis parmi les représentants de l’Administration, de la société civile et du secteur privé appuiera le Ministère en charge des privatisations et l’Unité de privatisation.

Le défi majeur du 21ème siècle est la lutte contre la pauvreté, quel mécanisme mettez-vous en place pour lutter contre ce fléau?

Le Gouvernement vient d’entamer la mise en œuvre d’une stratégie globale et cohérente de développement centrée sur la lutte contre la pauvreté. Cette stratégie est globale, en ce sens qu’elle sert de cadre à toutes les interventions pour le développement et va guider toutes les négociations futures avec les partenaires au développement. Elle devra donc permettre de mobiliser l’ensemble des ressources, internes et externes, et de les centrer sur la lutte contre la pauvreté. Elle est aussi cohérente car elle devra permettre d’assurer la coordination ainsi que la synergie requise entre l’ensemble des          interventions. C’est pourquoi la décentralisation et la déconcentration de la gestion du développement restent un enjeu majeur de cette stratégie. Dans cette optique et à titre d’exemple, toutes les mesures de politique économique et financière contenues dans le Budget de l’Etat vont dans ce sens. Elles portent sur :

- la préservation des grands équilibres économiques et financiers, à travers, entre autres, des efforts plus soutenus en matière de mobilisation et de sécurisation des recettes publiques, la rationalisation et la qualification des dépenses et sur la reforme des entreprises publiques ;

- la poursuite du développement des infrastructures de base (eau, électricité, transports, télécommunications),

- l’amélioration de la gouvernance,

- l’appui aux secteurs les plus porteurs de croissance et de revenus pour la grande majorité des guinéens. Cet appui va en tout premier lieu au secteur rural, et

- la décentralisation et la déconcentration de la gestion budgétaire.

Quelles sont  les grandes ambitions et orientations du budget 2003?

Pour l’année fiscale 2003, les grandes orientations de la politique économique et financière sont fondées, tout comme en 2001 et 2002,  sur la Stratégie de Réduction de la Pauvreté pour la croissance (DSRP).

En somme, la Stratégie de Réduction de la Pauvreté constitue le socle sur lequel la Loi de Finances 2003 a été bâtie. Elle s’inscrit dans le cadre de la réalisation des objectifs de la Stratégie. Elle tient compte également des critères de convergence liés à la création de la deuxième zone monétaire au sein de la CEDEAO et des objectifs du millénaire adoptés par l’Assemblée Générale des nations Unies en septembre 2000 à New York.

* La Stratégie de réduction de la pauvreté traduit le souci commun des guinéens de bâtir, par leur travail individuel et collectif, une Guinée prospère où il fera bon vivre pour chaque guinéenne et chaque guinéen.

Telles que définies dans la Stratégie, les grandes orientations en matière de politique de développement économique et social de la Guinée sont bâties autour de trois axes principaux :

- l’accélération de la croissance économique avec de larges opportunités d’emplois et de revenus pour les pauvres,

- le développement et l’accès équitable aux  services de base, et

- l’amélioration de la gouvernance et le         renforcement des capacités institutionnelles et humaines.

Au plan économique, les réformes menées par le Gouvernement et les efforts consentis par les populations ont permis de restaurer et de         stabiliser les grands équilibres économiques et financiers, en dépit de la conjoncture difficile que la Guinée connaît depuis trois ans, par le fait de l’instabilité sous-régionale.

Il s’agit maintenant de pérenniser ces acquis et surtout d’accélérer la croissance économique, notamment grâce à la modernisation du secteur rural, à l’intensification de l’exploitation minière, à une plus grande valorisation des     produits miniers et du potentiel touristique et artisanal. Une croissance soutenue, durable et portée en grande partie par ces secteurs permettra de toucher la grande majorité des pauvres et de générer les ressources nécessaires pour le financement des actions de lutte contre la      pauvreté. A cet égard, l’amélioration du cadre de développement et d’épanouissement du secteur privé doit être le champ de bataille du Gouvernement.

L’enjeu de la politique du Gouvernement, tel que l’ont indiqué les populations, est de leur assurer des revenus réguliers et suffisants pour couvrir leurs besoins essentiels, offrir des       services de base suffisants, de qualité et      accessibles.

Ceci ne peut être obtenu sans une bonne gestion des affaires publiques, une implication effective et une participation réelle des populations dans l’identification, la formulation, la réalisation et le suivi des actions de développement. Par la qualification constante de la pratique        démocratique et le renforcement des capacités d’organisation de la Société civile guinéenne naît progressivement une culture d’exigence et de redevabilité vis-à-vis des élus et des          gouvernants.

De même, le renforcement des capacités des  services publics va permettre de livrer des      services de qualité à l’ensemble des citoyens, condition essentielle pour un développement humain durable.  

* Les critères de convergence de la deuxième zone monétaire au sein de la CEDEAO sont, entre autres:

- un taux d’inflation inférieur ou égal à 5% du PIB,

- un niveau d’endettement de l’Etat auprès des banques inférieur ou égal à 10% des recettes intérieures de l’année précédente,

- des réserves de change couvrant 6 mois d’importation, et

- un déficit budgétaire inférieur ou égal à 5% du PIB.

* Les objectifs du millénaire visent à :

- réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim d’ici à 2015,

- assurer l’Éducation primaire pour tous,

- promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes,

- réduire de deux tiers la mortalité infantile,

- améliorer la santé maternelle en réduisant de trois quarts le taux de mortalité maternelle,

- combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies,

- assurer un développement écologique viable,

- mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Parallèlement, les objectifs de politique macro-économique du Gouvernement fixés pour 2003 sont les suivants:

- un taux de croissance du PIB de 4,5% contre 4,1% en 2002,

- un taux d’inflation de 3,5% contre 3 % en 2002,

- une formation brute de capital fixe de 15,4% contre 14,3% en 2002.

Dans le cadre de l’initiative PPTE, vous avez réussi avec brio votre passage au Club de Paris en mai 2001.  Quelles en sont les retombées pour l’économie guinéenne ?

C’est en décembre 2000 que la Guinée a atteint le point de décision au titre de l‘initiative PPTE. Le 02 mai 2001, le dossier de la Guinée a été  approuvé par le Conseil d’Administration du FMI pour un programme triennal au titre de la Facilité de Réduction de la Pauvreté et la Croissance. Le Gouvernement a donc sollicité du Club de Paris la restructuration de la dette extérieure aux termes dits de Cologne durant la période de consolidation commençant le 1er décembre 2000. A l’issue de l’Accord obtenu du Club le 15 mai 2001, une consolidation d’environ USD 151 millions a été obtenue. Cette consolidation comporte USD 18 millions d’arriérés en principal et intérêts au 30 novembre 2000 et USD 133 millions d’échéances en principal et en intérêts dues entre le 1er décembre 2000 et le 31 mars 2004.

Les retombées de cet accord concernent en     premier lieu l’annulation immédiate par   les créanciers du Club d’environ USD 70      millions sur la dette extérieure de la Guinée conformément aux dispositions de l’initiative PPTE    renforcée. Ainsi le service de la dette extérieure sur la période de consolidation passe de USD 228 millions à USD 83 millions. Les retombées concerneront aussi les traitements que nous allons négocier avec les créanciers non       membres du Club de Paris à des termes comparables à ceux obtenus au Club. Les ressources additionnelles provenant de ce  traitement exceptionnel de la dette extérieure seront allouées intégralement aux secteurs     prioritaires conformément aux objectifs du Gouvernement contenus dans le document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP). Cet   allégement permet à l’Etat d’utiliser les devises qui auraient servi à payer la dette extérieure pour la couverture des importations du     secteur privé guinéen ; ce qui est de nature à améliorer l’offre de devises par le système   bancaire guinéen. Je n’oublierais pas enfin de mentionner l’impact sur les efforts de maîtrise de l’inflation dans notre pays.

Vous évoquez dans l’un de vos discours, la nouvelle initiative du Gouvernement relative à la politique de transformation des produits miniers. Quel est l’état actuel des dossiers des méga-projets du secteur minier ?

En ce qui concerne le secteur minier, avec    l’appui de nos principaux partenaires au développement, le Gouvernement s’emploie à mettre en œuvre les deux importants projets portant sur l’usine d’alumine à Sangarédi et le Complexe barrage Hydro-énergétique Kaléta Souapiti et Fonderie d’aluminium à Fria. La réalisation de ces projets, permettra un accroissement sensible de la richesse nationale et par ricochet une amélioration substantielle des capacités financières de l’économie et des collectivités décentralisées. Nos ambitions devront nous porter aussi vers d’autres projets miniers comme l’exploitation des riches      gisements de fer du SIMANDOU, des          gisements bauxitiques de Tougué et Dabola, l’organisation et l’encadrement des exploitants artisanaux d’or et de diamant.  La Guinée qui est le principal reservoir     mondial de bauxite avec plus de 20 millards de tonnes, devrait occuper une position stratégique dans l’industrie de l’alumine et de l’aluminium en raison de sa localisation géographique proche des grands marchés européens et    américains.

Par ailleurs, l’aluminium est dvenu, au fil des ans, le second métal industriel du monde après l’acier et loin devant le cuivre. Sa production, qui atteint aujourd’hui 20 millions de tonnes, est appelé à croître à un rythme annuel de 2,5 à 3% au cours des prochaines décennies grâce en particulier à une utilisation massive dans       l’industrie automobile. Cet accroissement des besoins implique une réalisation de plus de 10 nouvelles fonderies de métal et autant en usine d’alumine.

La Guinée, avec son immense  potentiel minier et énergetique, est capable d’abriter ainsi une grande fonderie d’aluminium métal et deux usines d’alumine. Pour la fonderie d’aluminium, le projet GAPCO (Guinée Alumina Product Company) prévoit une       réalisation d’une installation de 250 000 tonnes par an d’aluminium couplée au barrage Souapiti/Kaléta d’une puissance de 750 MW. Le coût total du projet avec le volet bauxite et     aluminium est estimé à 2,5 miliards de dollars US.

En ce qui concerne la production d’alumine, il est prévu un projet de construction d’une usine à Sangarédi d’une capacité de production de 1 à 2,6 millions de tonnes par an d’alumine avec la CBG pour un coût annuel de 1,9 milliards de dollars US.

La Banque Mondiale soutient ces projets, qui sont accompagnés d’autres projets de développement connexes tels que la centrale électrique sur le Cogon d’une puissance de 50 MW à réaliser en BOT pour un coût de 100 à 150 millions de dollars US.

Dans le domaine du fer, le gouvernement développe avec Rio Tinto et Billiton  les        gisements importants du Nimba et du Simandou dont la production future prévue pour 40       millions de tonnes par an sera évacuée par le chemin de fer transguinéen. La convention d’établissement de ce projet a été signée le 26 novembre 2002 avec le groupe Rio Tinto pour un coût global estimé à USD 3,5 milliards.

D’important projets existent également dans     le secteur de l’or et du diamant et des    investissments de près d’1 milliard de dollars US sont prévus dans les 10 prochaines années par des grandes compagnies telles que De Beers et Rio Tinto.

Quel message souhaiterez-vous adressez aux opérateurs économiques et aux décideurs canadiens qui seront présents aux journées guinéennes au Canada  ?

La performance économique réalisée en Guinée est  indissociable de la stabilité politique dont le pays a fait preuve. La continuité dans l’action de redressement économique et financier est   inconcevable sans stabilité politique et sans paix sociale. C’est la raison pour laquelle je reste convaincu qu’en poursuivant des politiques plus vigoureuses de restructuration et d’ouverture économique et en préservant notre stabilité  politique, nous pouvons accélérer la croissance de l’économie guinéenne et améliorer    plus   rapidement les conditions de vie de nos populations.

En ce qui concerne l’économie, l’action doit consister à accroître la réaction du secteur privé au nouvel environnement économique mis en place après tant               d’années d’efforts. Cette  réaction, est encore        insuffisante au regard de nos potentialités économiques. Elle  se heurte à des obstacles dont, les pesanteurs de l’Administration, les coûts élevés des facteurs de production,              la faiblesse de l’épargne intérieure et   de  l’intermédiation financière, et à l’environnement  judiciaire qui reste à améliorer. A cet égard, il faut saluer l’adhésion de la Guinée à l’OHADA qui constitue une garantie    supplémentaire offerte aux investisseurs. En ce qui concerne le secteur extérieur, j’aimerais insister sur le renforcement de nos transactions économiques avec le reste du monde pour  assurer la viabilité de notre balance des paiements extérieurs. La solution à cette préoccupation passe par la diversification de nos ressources d’exportation pour réduire la forte dépendance de notre économie à l’égard de la bauxite et la rendre ainsi moins vulnérable.

Enfin, l’amélioration de la présentation, voire de la perception de l’image de la Guinée à l’extérieur est une condition indispensable pour attirer les investissements directs étrangers dans le pays. 

   

 

 Journal en cours

Sommaire
Éditorial

Journal de  ..

  référence

 Édition spéciale

 

TOP 10

de sites
diplomatiques
recommandés
ce mois 


Tous droits réservés © 2003 Diplomat Investissement Inc.
Diplomat Investissement - Groupe DiplomatContact
Accueil | Actualités Nouvelles diplomatiques | Ambassadeur du mois | Entrepreneur du mois | Dossiers Archives
Journal en cours
| Diplomat express | Nouvelle vision de la diplomatie | Forum diplomatique
Ambassades dans le mode | Sites diplomatiques
Promotion et investissement
English