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EL
HADJ ALPHA
BAKAR BARRY
UN
GRAND COMMIS DE L’ÉTAT
El
Hadj ALPHA BAKAR BARRY, que nous avons rencontré à
Conakry, nous
a accordé un bref entretien portant notamment sur ses études,
sa carrière administrative
et diplomatique.
Diplomat
Investissement : El Hadj
Alpha Bakar Barry voulez-vous nous parler brièvement
de vos études, de votre carrière et de vos états de
services consacrés
à votre pays?
El
Hadj Alpha
Bakar Barry : Je vous
remercie. Je commencerai par mon entrée à l’École
Primaire Supérieure (EPS) de Conakry où j’ai été admis
Major de ma Promotion en 1945. L’Indépendance de mon pays
a mis un terme à une vingtaine d’années
d’études. En effet, à l’appel de mon Gouvernement réitéré
par l’Ambassadeur de Guinée d’alors feu Diallo Telli
(Paix à son âme), j’ai dû
interrompre mes études en 1959 pour rejoindre la
Jeune République qui manquait cruellement de cadres. Je
venais d’obtenir parmi les premiers Africains mes Diplômes
de Doctorat à la Faculté des Sciences Juridiques et
Économiques de l’Université de GRENOBLE (France) en même
temps que Maître Abdoulaye WADE, actuel Président de la République
du Sénégal.
Mon
retour en Guinée a coïncidé avec la période
des nationalisations en vogue due à la
fulgurante avancée du Socialisme. J’ai présidé
alors la Commission Nationale de création d’une
vingtaine d’Entreprises
d’État dans
différentes activités sectorielles de l’économie,
le commerce se taillant la part du lion.
Mais il ne suffisait
pas de créer, il fallait aussi passer de la théorie à la
pratique en faisant ses preuves dans la gestion
de ces nouvelles
unités. C’est ainsi qu’en 1961, j’ai été nommé
Directeur Général de la plus importante Entreprise d’État
(ENTRAT) regroupant plus de 2500 employés et travailleurs
chargée du Transport Routier et de toutes les opérations
de Manutention, d’Acconage, de Transit, de Consignation
maritime de tous les Navires touchant le Port de
Conakry.
À
partir de 1963, j’ai exercé les fonctions cumulatives
de Directeur de Cabinet au Ministère du Développement
Économique et de Président de la Commission Nationale des
Investissements. Cette double mission exigeait plus de
sagacité et de discernement dans la détermination des
instruments juridiques d’un
nouvel État souverain, jaloux de ses prérogatives face à
des Partenaires accourus de l’Europe et de l’Amérique
du Nord. Ayant hérité d’un arsenal juridique
incompatible avec les impératifs
d’un développement économique indépendant, il fallait
créer ex
nihilo et
mettre en œuvre une nouvelle législation devant préserver
les intérêts supérieurs de l’État.
C’est ainsi que ne
disposant pas de lois régissant le domaine économique
au lendemain de l’indépendance, il fallait dialoguer
avec ces nouveaux partenaires
et naviguer sans grande visibilité en
l’absence de repères ou de références
juridiques, les lois françaises étant
manifestement inappropriées.
J’ai
dirigé dans ces conditions la
délégation de la partie guinéenne au cours de
longues et âpres négociations
avec des partenaires étrangers assistés
d’avocats. C’est ainsi que les premiers Accords et
Conventions ont été signés à savoir l’acquisition du
Minéralier SIMANDOU d’une capacité de 20 000 tonnes
à 980 millions de livres sterling, premier navire battant
Pavillon Guinéen destiné au transport de
bauxite, Convention HARVEY ALUMINIUM, COMPAGNIE DES
BAUXITES DE GUINÉE (C.B.G), PROJET MIFERGUI NIMBA.
Voilà
comment chemin faisant, les jalons du droit positif Guinéen
ont été posés en matière de Code Minier, de Droit
Maritime, de Code des Investissements, etc...
Le
Gouvernement m’a confié le redressement de deux
entreprises en difficultés. C’est ainsi que j’ai été
nommé Directeur Général de la Compagnie Nationale Air
Guinée de 1964 à 1966 puis Administrateur Général du
Complexe Textile de Sanoyah de 1967 à 1971. Cette
importante unité industrielle de 1600
travailleurs située à 36 Km de Conakry a pu alors
atteindre à cette époque une production de 35 000 m /
jour.
Je
suis entré au Gouvernement en 1971 en tant que Ministre des
Travaux Publics, du Domaine
et de l’Habitat. De 1973 à 1979, j’ai été nommé
successivement Ministre de
l’Économie Rurale et ensuite de l’Agriculture.
Ce qui m’a permis de réaliser le programme de reboisement
des lieux Saints de l’Islam.
Accrédité
Ambassadeur de Guinée en Yougoslavie auprès du Maréchal
TITO de 1979 à 1984, j’ai privilégié d’abord la coopération
en matière D’INDUSTRIE ET D’ENERGIE HYDRO-ÉLECTRIQUE
en obtenant une remise de dettes de Huit Millions de Dollars
US au profit de la Guinée pour cause de fermetures de la
Briqueterie de COBAYAH et de L’USINE DE MEUBLES DE
SONFONIA près de Conakry.
La
firme Yougoslave ENERGO PROJEKT a intensifié son assistance
technique après la construction
des barrages Hydro-électriques de BANEA et DONKEYA (Préfecture
de Kindia).
En
outre, durant cette période jalonnée de hauts faits et
gestes, l’apport de la Guinée dans la consolidation des
bases du Mouvement de NON-ALIGNEMENT a conféré une
dimension particulière à l’axe de la coopération
« Sud-Sud » GUINÉO-YOUGOSLAVE.
En effet, l’acte rarissime d’apposer l’effigie
du Maréchal TITO sur le plus gros billet de 500 Sylis de la
monnaie guinéenne, véritable attribut de souveraineté,
n’était pas un fait du hasard. C’était, à la fois la
manifestation et le témoignage de l’AMITIÉ exemplaire et
de la confiance que
se portaient mutuellement deux hommes et deux peuples déterminés
à lutter côte à côte pour l’avènement de plus de
justice, d’équité, de solidarité et de paix dans
le Monde.
À
mon retour en Guinée après le 3 avril
1984, la DEUXIÈME RÉPUBLIQUE a procédé à la libéralisation
de l’économie. J’ai opté alors pour l’exercice
d’une profession
libérale en ouvrant un Cabinet d’Avocat à Conakry.
J’ajoute qu’auparavant,
en tant qu’Ambassadeur,
j’avais adressé
au Gouvernement des Suggestions et Propositions pour un
Redressement National dans lesquelles j’ai ciblé des
secteurs prioritaires comportant des projections Horizon
2000. Ce document rédigé à Belgrade depuis avril 1984
conserve encore sa part d’actualité.
Avez-vous
des contacts avec l’Amérique du Nord?
J’entretiens
déjà des relations suivies avec des ONG américaines.
J’aimerais, en outre, lors des Journées Guinéennes au
Canada, rencontrer des Juristes et des Consultants spécialisés
en matière de Transport Maritime, de Commerce ou d’Investissement
pour nouer d’éventuelles relations d’affaires
susceptibles de sauvegarder
nos intérêts réciproques bien compris.
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