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Éditorial

LE
PAYS EST SUR LA BONNE VOIE
Par Jean Telé Udimba*
Pays plusieurs
fois millénaire, le Tchad est aujourd’hui reconnu par les
scientifiques comme le berceau de l’humanité. Sa situation
stratégique à la croisée des grandes routes caravanières en a
fait très tôt un carrefour de peuples et de civilisations qui,
à une certaine époque, avait peu à envier aux autres régions
du monde. Malheureusement, le Tchad a connu des heures très
difficiles, notamment dans les années 80, alors qu’une
décennie de guerre a déstabilisé le pays, aussi bien au plan
politique qu’économique et social.
Par contre,
depuis l’année 1990 qui marque l’arrivée du Président Idriss
Deby au pouvoir, le Tchad connaît enfin la stabilité et la
paix. Les armes se sont tues, ce qui a permis au pays de
réintégrer la communauté des nations pacifiques et de nouer
des relations de bon voisinage avec les pays limitrophes et
les grandes organisations internationales, telles la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international. À cet égard,
tous les Tchadiens sont redevables au Président Deby des
immenses progrès accomplis dans l’établissement de la paix.
Il a en effet recherché la concorde nationale en intégrant des
chefs rebelles dans son gouvernement ou en leur confiant des
postes de responsabilité. Ou encore de chercher à apaiser les
reliquats des anciennes rébellions, comme le prouve l’accord
de paix signé en août dernier avec des groupuscules du Nord ?
Mais s’il a
libéralisé la vie politique intérieure en organisant les
élections démocratiques et en faisant une place à ses
adversaires d’hier, il a aussi libéralisé la vie économique en
adoptant une série de mesures originales, dont la fameuse
Charte nationale des investissements qui sécurise et élimine
les obstacles au transfert des capitaux et des bénéfices.
Conscient que le secteur privé était, partout sur la planète,
le meilleur garant de la croissance, il a engagé l’État
tchadien sur la voie du désengagement et de la privatisation.
Transport, énergie, télécommunications ont ainsi été
privatisées, ou sont en voie de l’être…
Mais les défis
restent nombreux, surtout au plan économique. S’il faut certes
moderniser l’appareil d’État, il faut aussi moderniser
l’économie du pays, surtout dans ses composantes
traditionnelles mais à fort potentiel de croissance : élevage,
agriculture, pêche, mines, artisanat. À cet égard, le secteur
privé – tchadien et étranger – peut et doit occuper une place
centrale.
Heureusement
aussi qu’il y a le pétrole. La découverte de l’or noir au
Tchad va permettre d’aller plus loin, et plus vite, sur la
voie du développement. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que
la Banque mondiale a élaboré, en partenariat avec le secteur
privé, un gigantesque montage financier qui a débouché sur le
plus gros investissement jamais réalisé en Afrique
sud-saharienne. Et pour que cette nouvelle richesse bénéficie
vraiment à la population, le gouvernement a innové en créant
le Collège de contrôle et de surveillance des revenus
pétroliers, une première en Afrique. Le but de cet organisme
indépendant est d’assurer une répartition équitable des
nouveaux revenus générés par l’entrée du Tchad dans l’ère
pétrolière en fonction des priorités économiques de l’État :
éducation, santé, agriculture, infrastructures, développement
rural, etc. S’y greffe même une espèce de fonds du patrimoine,
comme il en existe un dans la richissime province canadienne
de l’Alberta, où sont versés 10 % des ressources directes dans
des instruments de placement à long terme au profit des
générations futures.
Mais comme l’a
souligné maintes fois le Président Deby, le développement du
Tchad repose en premier lieu sur les épaules des fils et des
filles du pays. Aucun pays au monde ne s’est développé avec la
seule aide au développement, si désintéressée soit-elle..., 45
ans d’aide au développement n’a pas permis à l’Afrique de se
développer, il faut que les africains cherchent la troisième
voie qui consiste à promouvoir les investissements intérieurs
afin de
mettre fin à la dépendance à l'égard de l'aide.
Chose certaine,
le Tchad est bien parti. Avec la vision réaliste qu’ont les
dirigeants du pays, le pays est en bonne voie pour relever les
multiples défis du développement. Pour le plus grand bien du
peuple tchadien.
(*) Jean
Telé Udimba, Président Éditeur du Journal Diplomat
Investissement
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