Septembre-Octobre
2004
Éditorial
JEUX OLYMPIQUES?
Par
Ousmane Sow
Les Jeux des 28ième
Olympiades se sont achevés en apothéose à Athènes
après que les Grecs nous eurent montré les
multiples ressources de leur terre trois fois
millénaires, de leur civilisation et de leur
culture. C’était fait et bien fait. Et l’Afrique
au Sud du Sahara ? Quelle a été sa performance
pendant ces Jeux universels ?
Comme
d’habitude, les Éthiopiens et les Kenyans ont
égrené leur lot habituel de médailles. Puis,
l’Afrique du Sud est arrivée en confirmation de
son statut de puissance sportive émergente.
Ailleurs ? Les résultats ne furent pas au
rendez-vous, disons même la participation fut
chétive. À part la médaille d’or camerounaise en
triple-saut, rien n’est venu récompenser le
continent. Au Nord du Sahara, seul le Maroc a su
tirer son épingle du jeu (sans jeu de mots !) en
remportant 3 médailles dont deux d’or.
Au finish, on
peut dire que l’Afrique, malgré tout son
extraordinaire potentiel athlétique, tarde à
prendre son envol. En comparaison, un petit pays
comme Cuba, pas un pays industrialisé somme toute,
a récolté plus de médailles que tous les 53 pays
africains réunis. Il faut aussi dire que Cuba a
battu le Canada qui est cent fois plus riche. Et
d’autres parlent de l’Inde et de son milliard
d’habitants qui est orpheline de médailles. Cette
analogie ne grandit pas ceux qui la professent.
L’excellence naît de l’ambition individuelle et
non de la comparaison avec le voisin. Si votre
voisin est pauvre et que vous avez la possibilité
de devenir riche, vous ne vous contenterez pas de
peu sous prétexte que l’autre n’en a pas plus.
Ces jeux doivent
permettre à l’Afrique de se réveiller. De
comprendre que le sport est devenu une véritable
industrie avec des milliards de dollars brassés.
Rien qu’aux États-Unis, le sport professionnel
génère des recettes de 180 milliards de dollars
par année. Qui dit mieux ! Alors, dans toute
l’Afrique, disons : au travail !