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Juillet-Août
2004
Éditorial
BOUFFE GRATUITE OU VRAI TRAVAIL
?
Par
Ousmane Sow
Le Sommet du G8
est déjà chose du passé. Ceux qui craignaient un
psychodrame sur fond de divergence irakienne en
ont été pour leurs frais. Il n’y pas eu de lavage
de linge sale en public entre, d’une part, le duo
Bush-Irak et, d’autre part, la paire Chirac-
Schroëder. Tout s’est joué en catimini, loin des
regards. Sur ce site de milliardaires estivants,
le langage feutré de la diplomatie a encore
remporté une nouvelle victoire.
Et l’Afrique ?
Oui, cette fois, au traditionnel quatuor
Bouteflika, Mbeki, Obasanjo et Wade, s’est ajouté
deux nouveaux convives, l’Ougandais Museveni et le
Ghanéen Kufour. Ils sont venus parler du Nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD),
cette initiative lancée depuis 4 ans et qui,
toujours, se fait attendre en matière de
matérialisation. Est-ce que le NEPAD avance ou
demeure toujours une coquille vide ? C’est la
question que, « les yeux dans les yeux », Thabo
Mbeki est venu poser aux chefs des 8 pays les plus
industrialisés du monde. Car, le président
sud-africain, dont le pays est sans doute le plus
développé d’Afrique, veut voir du concret à la
place des discours.
Thabo Mbeki,
devenu, peut-être malgré lui, le porte-parole des
aspirants au développement, l’a dit pour se faire
bien comprendre : « Nous ne sommes pas venus ici
pour manger, boire et dormir dans de beaux hôtels.
Nous ne sommes pas non plus des mendiants. Nous
sommes venus chercher des résultats. » C’est dit
en bien dit. Malheureusement, pour l’instant, nous
faisons le même constat : le NEPAD a du plomb dans
l’aile. Un sérieux coup de pouce est nécessaire
pour qu’un autre rêve africain ne meure.
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