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Special Guinea

                                                                 March-April 2003

EL HADJ   ALPHA BAKAR BARRY

UN GRAND COMMIS DE L’ÉTAT

El Hadj ALPHA BAKAR BARRY  que nous avons rencontré à  Conakry  nous a accordé un bref entretien portant notamment sur ses études, sa carrière  administrative et diplomatique.

Diplomat Investissement : El Hadj  Alpha Bakar Barry voulez-vous nous parler brièvement de vos études, de votre carrière et de vos états de services consacrés à votre pays?

El Hadj  Alpha Bakar Barry : Je vous  remercie. Je commencerai par mon entrée à l’École Primaire Supérieure (EPS) de Conakry où j’ai été admis Major de ma Promotion en 1945. L’Indépendance de mon pays a mis un terme à une vingtaine      d’années d’études. En effet, à l’appel de mon Gouvernement réitéré par l’Ambassadeur de Guinée d’alors feu Diallo Telli  (Paix à son âme), j’ai dû    interrompre mes études en 1959 pour rejoindre la Jeune République qui manquait cruellement de cadres. Je venais d’obtenir parmi les premiers Africains mes Diplômes de Doctorat à la Faculté des Sciences Juridiques   et Économiques de l’Université de GRENOBLE (France) en même temps que Maître Abdoulaye WADE, actuel Président de la République du Sénégal.

Mon retour en Guinée a coïncidé avec la période des nationalisations en vogue due à la   fulgurante avancée du Socialisme. J’ai présidé alors la Commission Nationale de création d’une  vingtaine d’Entreprises   d’État dans   différentes activités sectorielles de l’économie, le commerce se taillant la part du lion.  Mais il ne  suffisait pas de créer, il fallait aussi passer de la théorie à la pratique en faisant ses preuves dans la gestion de ces nouvelles unités. C’est ainsi qu’en 1961, j’ai été nommé Directeur Général de la plus importante Entreprise d’État (ENTRAT) regroupant plus de 2500 employés et travailleurs chargée du Transport Routier et de toutes les opérations de Manutention, d’Acconage, de Transit, de Consignation   maritime de tous les Navires touchant le Port de Conakry.

À partir de 1963, j’ai exercé les fonctions cumulatives  de Directeur de Cabinet au Ministère du Développement Économique et de Président de la Commission Nationale des Investissements. Cette double mission exigeait plus de sagacité et de discernement dans la détermination des instruments juridiques d’un nouvel État souverain, jaloux de ses prérogatives face à des Partenaires accourus de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Ayant hérité d’un arsenal juridique incompatible avec les  impératifs d’un développement économique indépendant, il fallait créer  ex nihilo  et mettre en œuvre une nouvelle législation devant préserver les intérêts supérieurs de l’État.  C’est ainsi que ne   disposant pas de lois régissant le domaine économique au lendemain de l’indépendance, il fallait dialoguer avec ces nouveaux  partenaires    et naviguer sans grande visibilité en l’absence de repères ou de références juridiques, les lois françaises étant manifestement inappropriées.

J’ai dirigé dans ces conditions la  délégation de la partie guinéenne au cours de longues et âpres négociations  avec des partenaires étrangers assistés d’avocats. C’est ainsi que les premiers Accords et Conventions ont été signés à savoir l’acquisition du Minéralier SIMANDOU d’une capacité de 20 000 tonnes à 980 millions de livres sterling, premier navire battant Pavillon Guinéen destiné au transport de  bauxite, Convention HARVEY ALUMINIUM, COMPAGNIE DES       BAUXITES DE GUINÉE (C.B.G), PROJET MIFERGUI NIMBA.

Voilà comment chemin faisant, les jalons du droit positif Guinéen ont été posés en matière de Code Minier, de Droit Maritime, de Code des Investissements, etc...

Le Gouvernement m’a confié le redressement de deux entreprises en difficultés. C’est ainsi que j’ai été nommé Directeur Général de la Compagnie Nationale Air Guinée de 1964 à 1966 puis Administrateur Général du Complexe Textile de Sanoyah de 1967 à 1971. Cette importante unité industrielle de 1600  travailleurs située à 36 Km de Conakry a pu alors atteindre à cette époque une production de 35 000 m / jour.

Je suis entré au Gouvernement en 1971 en tant que Ministre des Travaux Publics, du Domaine  et de l’Habitat. De 1973 à 1979, j’ai été nommé successivement Ministre de  l’Économie Rurale et ensuite de l’Agriculture. Ce qui m’a permis de réaliser le programme de reboisement des lieux Saints de l’Islam.

Accrédité Ambassadeur de Guinée en Yougoslavie auprès du Maréchal TITO de 1979 à 1984, j’ai privilégié d’abord la coopération en matière D’INDUSTRIE ET D’ENERGIE HYDRO-ÉLECTRIQUE en obtenant une remise de dettes de Huit Millions de Dollars US au profit de la Guinée pour cause de fermetures de la Briqueterie de COBAYAH et de L’USINE DE MEUBLES DE SONFONIA près de Conakry.

La firme Yougoslave ENERGO PROJEKT a intensifié son assistance technique après la construction des barrages Hydro-électriques de BANEA et DONKEYA (Préfecture de Kindia).

En outre, durant cette période jalonnée de hauts faits et gestes, l’apport de la Guinée dans la consolidation des bases du Mouvement de NON-ALIGNEMENT a conféré une dimension particulière à l’axe de la coopération « Sud-Sud » GUINÉO-YOUGOSLAVE.  En effet, l’acte rarissime d’apposer l’effigie du Maréchal TITO sur le plus gros billet de 500 Sylis de la monnaie guinéenne, véritable attribut de souveraineté, n’était pas un fait du hasard. C’était, à la fois la manifestation et le témoignage de l’AMITIÉ exemplaire et de la confiance  que se portaient mutuellement deux hommes et deux peuples déterminés à lutter côte à côte pour l’avènement de plus de justice, d’équité, de solidarité et de paix dans le Monde.

À mon retour en Guinée après le 3 avril  1984, la DEUXIÈME RÉPUBLIQUE a procédé à la libéralisation de l’économie. J’ai opté alors pour l’exercice d’une  profession libérale en ouvrant un Cabinet d’Avocat à Conakry. J’ajoute  qu’auparavant, en tant qu’Ambassadeur,  j’avais  adressé au Gouvernement des Suggestions et Propositions pour un Redressement National dans lesquelles j’ai ciblé des secteurs prioritaires comportant des projections Horizon 2000. Ce document rédigé à Belgrade depuis avril 1984 conserve encore sa part d’actualité.

Avez-vous des contacts avec l’Amérique du Nord?

J’entretiens déjà des relations suivies avec des ONG américaines. J’aimerais, en outre, lors des Journées Guinéennes au Canada, rencontrer des Juristes et des Consultants spécialisés en matière de Transport Maritime, de Commerce ou d’Investissement pour nouer d’éventuelles relations d’affaires susceptibles de  sauvegarder nos intérêts réciproques bien compris.

 

 

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